Firstgroup compte en Amérique du Nord 2.400 destinations avec près de 16 millions de passagers par an. (Image d'illustration: carte postale vintage des années 1950-60)
C'est elle - et pas le train ni l'avion - la véritable héritière du réseau de diligences à l'époque du Far West. Cette compagnie de transport terrestre longue-distance, rendue mondialement célèbre à force d'apparitions dans de multiples films hollywoodiens, a fini par devenir un pan symbolique de l'American Way of Life comme serti dans nos rétines. Hélas la pandémie de Covid-19 a mis à genoux la compagnie au lévrier de course qui a fini dans l'escarcelle de Flixbus. La startup allemande, arrivée en 2018 aux États-Unis pour concurrencer le mythique géant sur ses terres, s'attendait sans...
... plus forte partie.
La mythique compagnie d'autocars américaine née en 1914 à Dallas (Texas), rendue mondialement célèbre au travers de multiples œuvres cinématographiques au point de devenir pour tout spectateur européen comme un symbole de l'American Way of Life, va être rachetée par la jeune startup allemande du transport longue distance à bas coûts Flixbus.
Dans son communiqué, le groupe Flixmobility (la maison mère basée à Munich, qui détient la marque Flixbus) explique jeudi que ce rachat vise ainsi à renforcer son offre aux États-Unis.
"Greyhound est une société iconique, qui est, avec son réseau unique reliant des communautés à travers le continent, au cœur de la vie nord-américaine depuis [des décennies]", a loué de son côté David Martin, le directeur de Firstgroup, le propriétaire britannique actuel du transporteur américain.
Iconique, c'est le moins qu'on puisse dire de cette compagnie qui est bien la véritable héritière des diligences de l'époque du Far West - et pas l'avion ou le train. Ses apparitions au cinéma ne sont cependant pas la cause mais la conséquence de son succès depuis sa création en 1924, car c'est son modèle économique qui en a fait un succès populaire extraordinaire puis un mythe.
"La compagnie vend, en effet, aux étrangers hors des États-Unis, une carte de voyage qui, pour 99 dollars, leur permet d'emprunter pendant un mois, à travers les quarante-neuf États continentaux, tous les autobus qui passent !", écrit le journaliste et écrivainMaurice Denuzière dans "Le Monde" en 1970.
Lequel rappelle qu'à l'époque la compagnie de bus disposait de 5.600 bus qui parcouraient tous les jours 1,5 million de kilomètres sur un réseau de 150.000 kilomètres de routes et d'autoroutes, offrant donc une infinité de possibilités d'itinéraires aux étudiants et aux voyageurs américains au long cours, lesquels, bien sûr aussi, prisaient particulièrement ses tarifs imbattables.