Lufthansa discute d'une aide d'Etat massive; la France promet d'aider Air France-KLM

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(Crédits : POOL)
La compagnie aérienne allemande discute avec le gouvernement allemand sur des aides publiques qui pourraient s'élever à plusieurs milliards d'euros. Une entrée de l'Etat au capital du groupe est également possible.

Certains pays répondent à l'appel à l'aide des compagnies aériennes comme les Etats-Unis, l'Italie, la Norvège, ou encore l'émirat de Dubaï. L'Allemagne pourrait également s'ajouter sur cette liste. Selon l'agence Reuters qui cite "plusieurs sources proches du dossier", Lufthansa mène des discussions avec le gouvernement allemand pour obtenir des aides d'Etat qui pourraient s'élever à plusieurs milliards d'euros. Selon un banquier cité par Reuters, les besoins de Lufthansa seraient équivalents ceux d'American Airlines, qui a l'intention de demander jusqu'à 12 milliards de dollars (11 milliards d'euros) au gouvernement américain. Toujours, selon Reuters, une prise de participation est également possible.

"Nous sommes en contact étroit avec le gouvernement fédéral pour garantir notre liquidité", a dit un porte-parole de la compagnie, refusant de donner plus de détails. Contacté par Reuters, un porte-parole du ministère de l'Economie s'est pour sa part refusé à tout commentaire.

Report de taxes en France

Le 19 mars dernier, lors de la publication des résultats financiers 2019, Carsten Spohr, le PDG de Lufthansa, avait indiqué qu'une aide d'Etat n'était "actuellement pas nécessaire", et que le groupe demanderait de l'aide "quand cela deviendra nécessaire".

"Nous pourrons tenir plus longtemps que d'autres" grâce à la bonne situation financièr du groupe, avait indiqué Carsten Spohr.

Pour l'instant, en France, les aides au transport aérien sont très faibles en dehors des mesures générales prises pour l'ensemble des entreprises. Elles se limitent à un report de certaines taxes et redevances jusqu'à la fin de l'année. Mais ce jeudi, le ministre des Finances, Bruno Le Maire a indiqué que l'Etat était prêt à soutenir Air France-KLM

"Air France-KLM est une belle entreprise et nous voulons qu'elle reste en l'état, c'est pourquoi nous sommes prêts à la soutenir", a déclaré Bruno Le Maire.

"Je ne veux pas être plus précis sur le type de soutien que nous pouvons apporter à Air France-KLM, mais nous ne la laisserons pas seule face à la crise très violente à laquelle les compagnies aériennes sont confrontées actuellement", a-t-il ajouté, lors d'un point de presse en ligne.

Lire aussi : Covid-19 : L'Etat donne un coup de pouce aux compagnies aériennes françaises

Encadré : Lufthansa met 60% de ses salariés au chômage partiel

Le groupe Lufthansa a par ailleurs annoncé qu'il allait mettre plus de 60% de ses salariés au chômage partiel. Soit 87.000 de ses 135.000 salariés, dont 62.000 en Allemagne. Le groupe a également annoncé le prolongement de son plan de vol d'urgence, qui devait durer jusqu'au 19 avril, supprimant la quasi-totalité de ses liaisons aériennes jusqu'au 3 mai. Sont assurés seulement 18 vols longs courriers par semaine, ainsi qu'une cinquantaine de vols quotidiens reliant Francfort et Munich aux "principales villes d'Allemagne et d'Europe".

Dernier accord nécessaire, la direction s'est entendue mercredi avec les représentants des pilotes de Lufthansa et Germanwings pour mettre au chômage partiel 4.500 personnes. Lufthansa a drastiquement a réduit ses capacités de transport, soit le nombre de sièges proposés sur ses avions, à seulement 5% et garde au sol 700 de ses 763 avions, entreposés dans plusieurs aéroports et notamment sur une piste d'atterrissage à Francfort.

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Commentaires
a écrit le 03/04/2020 à 1:03 :
Il semble qu'on s'achemine vers une crise majeure du fret ds le transport aérien avec des surcapacités importantes à résorber qui risquent de s'étaler sur plusieurs années.
Nul doute que les Etats vont privilégier leurs cies nationales, surtout s'ils décident de rentrer fortement au capital.
Les petites cies livrées à leur triste sort seront condamnées à fusionner pour mutualiser leurs moyens et tenter de réduire leurs coûts fixes exorbitants ou à disparaître.
Finalement, la concurrence va se réduire à qcqs gds groupes sur les axes à fort trafic ( IAG / Lufthansa/AF) avec pour chacun d'eux, des chasses gardées très rentables ( Antilles, Réunion, Pacifique, Océanie pour AF) et plusieurs années de retour en arrière, tt en validant peut-être plus tôt que prévu, l'opinion prémonitoire du PDG de Lufthansa formulée il y a un an.
a écrit le 02/04/2020 à 17:05 :
Ce qui tend à prouver que le transport aérien n'est pas affaire privée, tout comme le rail.
Une compagnie nationale par pays, c'est largement suffisant pour des besoins utiles et nécessaires.
Terminé le low cost, le transport de masse, le vagabondage autour du Monde pour des.... "vacances" ?

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