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Covid-19 : une aide d'Etat "n'est actuellement pas nécessaire", dit Lufthansa

Photo de Fabrice Gliszczynski

Fabrice Gliszczynski

Publié le 19 mars 2020 à 17:37 - Mis à jour le 19 mars 2020 à 18:04

Photo d'illustration

Photo d'illustration

Kai Pfaffenbach

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Si la crise dure, le groupe allemand estime qu'il sera difficile que l'avenir de l'aviation puisse être garanti sans aides publiques. Néanmoins, une aide d'Etat n'est actuellement pas nécessaire et Lufthansa estime être mieux armé que d'autres pour traverser la crise. Selon son président Carsten Spohr, le groupe sera de plus petite taille après la crise.
"Plus la crise dure, moins il est probable que l'avenir de l'aviation puisse être garanti sans aides publiques", a déclaré ce jeudi

Carsten Spohr, 

le président du groupe Lufthansa, à l'occasion de la présentation des résultats financiers 2019, marqués par un résultat d'exploitation de deux milliards d'euros.
"La propagation du coronavirus a mis l'économie mondiale et notre entreprise dans un état d'urgence sans précédent" et "personne ne peut en évaluer les conséquences", a-t-il ajouté, alors que l'association internationale du transport aérien (IATA) a rappelé aujourd'hui que 200 milliards de dollars d'aides des gouvernements étaient nécessaires pour sauver le secteur.

"Nous pouvons tenir plus longtemps que d'autres"

Pour autant, même si des "discussions intensives" sont en cours avec le gouvernement allemand "pour atténuer les conséquences de la crise" provoquée par le Covid-19, une aide d'Etat n'est "actuellement pas nécessaire", a expliqué Carsten Spohr.

"Nous demanderons de l'aide quand cela deviendra nécessaire", a-t-il ajouté.

Pour l'heure, le groupe s'attend à une "baisse significative" de son bénéfice opérationnel en 2020.

"Le groupe est financièrement bien équipé pour affronter une situation de crise extraordinaire", a quant à lui assuré le directeur financier, Ulrik Svensson, en refusant de s'exprimer sur le soutien public accordé à la compagnie scandinave SAS ou les projets de nationalisation d'Alitalia par l'Etat italien.

"Nous pourrons tenir plus longtemps que d'autres" grâce à la bonne situation financière, a renchéri Carsten Spohr. Mais "nous devons répondre avec des mesures drastiques et parfois douloureuses", a-t-il prévenu. Premier groupe de transport aérien par la taille, le groupe Lufhansa est également l'un des plus solides.

Autant de vols qu'en...1955

Le groupe allemand, propriétaire de Lufthansa, Austrian, Austrian Airlines, Eurowings, Brussels Airlines, dispose de 4,3 milliards d'euros de liquidités et a accès à 800 millions de crédits supplémentaires. D'autres levées de fonds sont par ailleurs "mises en oeuvre" selon sa direction.

Le groupe a été le premier en Europe à prendre des mesures drastiques en clouant au sol une partie de sa flotte. Aujourd'hui, 700 avions des 763 appareils que compte la flotte du groupe sont au sol, et l'activité sera limitée à 5% de ses capacités dans le cadre d'un plan de vol d'urgence censé durer jusqu'au 19 avril. Avec une trentaine de décollages à Francfort par jour et une dizaine à Munich, ce plan de vol "ressemble à peu près" à celui de 1955, a déploré Carsten Spohr.

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À l'origine, le groupe Lufthansa devait assurer environ 11.700 liaisons hebdomadaires court-courrier cet été. Deux filiales vont suspendre complètement leur activité : Austrian Airlines au moins jusqu'au 28 mars et Brussels Airlines du 21 mars au 19 avril.

En revanche Lufthansa Cargo, tire, son épingle du jeu. Profitant du report sur les avions tout-cargo des marchandises transportés jusqu'ici dans les soutes des avions passagers, cette filiale du groupe voit son trafic augmenter.

Lufthansa sera plus petit après la crise

Au-delà de la quasi-fermeture de l'activité de transport de passagers, Lufthansa a pris des mesures d'économies, allant du report d'investissements, au gel des embauches, et à la mise en en place des congés sans solde. Lufthansa a par ailleurs demandé l'application du chômage partiel pour 31.000 salariés grâce à un dispositif léger mis en place par le gouvernement allemand pour aider les entreprises à traverser la crise.

"Dès que nous clouons au sol nos avions", 60% des coûts, notamment pour le kérosène, disparaissent tandis que les coûts fixes seront réduits d'un tiers, a expliqué Ulrik Svensson. Aucun dividende ne sera par ailleurs versé au titre de l'exercice 2019.

Si Lufthansa pense survivre, la direction estime que son profil sera différent.

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"Lufthansa va certainement continuer après la crise du coronavirus", a assuré Ulrik Svensson, mais, a ajouté Carsrten Spohr,  il "ne pourra pas retourner à la normale après cette crise sans précédent (...) le groupe Lufthansa va rapetisser".

Fabrice Gliszczynski

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