Passage de témoin à l'ombre de l'archange. Le 14 octobre, Keolis filiale de la SNCF prendra le relais de Transdev qui exploitait depuis treize ans le parking et les navettes (gratuites) chargées d'acheminer les visiteurs jusqu'au pied du monument où les voitures ne sont plus autorisées à stationner depuis que celui-ci est désensablé.
L'opérateur, choisi par l'Etablissement public du Mont saint Michel (EPMSM), devra notamment augmenter le nombre de rotations en période de pointe, veiller à ce que ses véhicules soient moins bondés et remplacer le gazole par du biocarburant dans les moteurs au nom de la protection de l'environnement. Le marché, conclu pour une durée cinq ans, est de belle taille. Il devrait générer un chiffre d'affaires de 26 millions pour 1,6 million de voyages annuels. Transdev, qui ne souhaitait pas rempiler, se verra allouer une soulte d'environ 12 millions d'euros en remboursement des investissements réalisés pour l'aménagement du parking. « Nous n'avons pas voulu faire peser ce poids sur le nouveau concessionnaire », explique Thomas Velter, le directeur de l'EPMSM.
Ce dernier n'en met pas moins la pression sur la filiale de la SNCF. Là où le précédent délégataire percevait les recettes des 5.000 places de stationnement, elle sera rémunérée directement par l'établissement public avec une part fixe et une part variable indexée sur ses performances.
Objectif : mieux maîtriser un service clé pour l'attractivité du site. Mais aussi capter de nouvelles recettes au profit de l'établissement public dont les charges d'entretien sont lourdes et dont le budget repose intégralement sur l'Etat (à hauteur de 3,3 millions d'euros) et sur les Régions Normandie, Bretagne et le Département de la Manche (1,5 million à parts égales). L'EPMSM devra en outre rembourser l'emprunt contracté pour indemniser Transdev. « Comme toutes les structures comparables, nous avons vocation à dégager des ressources propres pour nous inscrire dans une trajectoire d'autonomie financière », justifie son directeur.