Recapitalisation d'Air France : accord en vue entre Paris et Bruxelles
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Regis Duvignau
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Accord en vue entre le gouvernement français et les autorités européennes sur les termes d'une nouvelle aide à Air France. Selon les Echos, Paris et Bruxelles se sont entendus sur le montant des contreparties exigées. Plus précisément, selon deux proches du dossier interrogés par La Tribune, la France et la Commission européenne se sont mis d'accord sur les grands principes permettant une recapitalisation de la compagnie aérienne, et "il faut désormais s'accorder sur les détails".
Pour renforcer les fonds propres de la compagnie, le gouvernement français veut convertir la dette du prêt d'actionnaire de 3 milliards d'euros accordé l'an dernier en obligations hybrides considérées comme des capitaux propres et non comme de la dette. Pour rappel, ce prêt s'était accompagné l'an dernier d'un prêt bancaire de 4 milliards d'euros garantis par l'Etat. Depuis des mois, les négociations sont tendues entre Bruxelles et Paris sur les contreparties exigées par la Commission européenne pour valider cette recapitalisation. Les tensions se sont en particulier focalisées sur le nombre de créneaux horaires de décollage (slots) qu'Air France devait céder à l'aéroport d'Orly comme l'exigeait Bruxelles pour limiter l'impact de cette aide d'Etat sur la concurrence. Alors que la Commission demandait à la compagnie française de céder 24 créneaux horaires à Orly comme Lufthansa l'avait fait à Munich et Francfort pour obtenir le feu vert à sa recapitalisation, le nombre de slots que devra restituer Air France a été réduit à la baisse, mais concerne bien uniquement l'aéroport du sud parisien, et non un panachage entre Orly et Roissy.
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Paris ne comprenait pas cette exigence d'appliquer à Air France les contreparties acceptées par Lufthansa sans prendre en compte aucune règle de proportionnalité, non seulement entre l'activité de la compagnie allemande et celle de la compagnie française (plus petite), mais aussi entre les parts de marché que détiennent Lufthansa à Francfort et Munich (supérieure à celle d'Air France à Roissy), et enfin, entre la taille des deux aéroports allemands avec celle d'Orly. Dans le camp français, les demandes de Bruxelles à Air France étaient jugées plus dures que celles infligées à Lufthansa. Restituer 24 créneaux par jour à Orly, aurait constitué une amputation de taille pour Air France. Cela revenait à restituer environ 7% du portefeuille de créneaux du groupe sur cet aéroport, où la valeur des "slots" est très élevée du fait de leur rareté. L'aéroport du sud francilien est en effet plafonné à 250.000 mouvements (décollages-atterrissages) annuels, et Air France en possède grosso-modo la moitié. Un tel scénario aurait donc pu un coup au développement à Orly de Transavia France, la filiale low-cost d'Air France.
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