Résultats trimestriels en trompe-l'oeil pour Air France-KLM

Photo d'illustration
Christian Hartmann

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Article mis à jour à 19 heures
Résultats financiers en trompe-l'oeil pour Air France-KLM au deuxième trimestre de l'exercice 2019. Certains en interne les qualifient carrément de "médiocres".
Certes, d'avril à juin, le groupe a dégagé un résultat d'exploitation de 400 millions d'euros, en hausse de 15,6% par rapport au deuxième trimestre de l'année précédente (pour un chiffre d'affaires en hausse de 6,4% à plus de 7 milliards d'euros), mais la base de comparaison est justement tronquée par l'impact de 260 millions d'euros de la grève à Air France l'an dernier.
L'évolution du groupe "est très largement tirée par une absence de grève par rapport à l'an dernier", a indiqué Frédéric Gagey, le directeur financier du groupe, lors d'un entretien avec les journalistes des agences de presse.
En effet, par rapport au résultat d'exploitation du deuxième trimestre dégagé l'an dernier hors impact de la grève, le résultat d'exploitation d'Air France-KLM cette année baisse de 33%. Le recul est encore plus prononcé sur la période du premier semestre. Sans même retirer l'impact de la grève l'an dernier, le résultat d'exploitation est en baisse cette année de 58%, à 97 millions d'euros. Hors impact de la grève cette fois (335 millions d'euros), le résultat d'exploitation dégringole de plus de 80% !
A titre de comparaison, le groupe Lufthansa, qui n'est pas au mieux, a annoncé hier un résultat opérationnel ajusté de 754 millions d'euros au deuxième trimestre, en recul de 25%.
Pour autant, dans un communiqué, Ben Smith, le directeur général d'Air France-KLM, a qualifié les résultats du deuxième trimestre de "solides" dans un "environnement concurrentiel difficile". Il est vrai que plusieurs indicateurs sont encourageants. La recette par passager en particulier a été en hausse de 0,8%. Ce qui tranche avec Lufthansa. Les prévisions sont d'ailleurs beaucoup plus positives que celles du groupe allemand, qui prédit une pression sur les recettes unitaires à partir de septembre, alors qu'Air France-KLM s'est voulu rassurant en faisant état d'un niveau de réservations sur les vols long-courriers "en moyenne en hausse sur la période août-décembre par rapport à l'an dernier". Ces deux points (combinés à l'annonce positive sur le développement de Transavia), sont à l'origine de la hausse du cours de l'action de 8,45% ce mercredi.
Par ailleurs, les coûts unitaires ont baissé de 2,3% grâce à "l'effort fourni sur la réduction des coûts chez Air France", mais aussi en raison de la base de comparaison élevée l'an dernier en raison des grèves chez Air France, selon le groupe.
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Ce résultat est cependant "en partie contrebalancé par une hausse des coûts unitaires chez KLM s'expliquant par les accords salariaux signés l'an dernier", précise le groupe, qui ajoute que les coûts nets salariaux du groupe ont augmenté de 4,6% au cours du trimestre, en raison des embauches accompagnant la hausse des capacités et des accords salariaux pour les personnels d'Air France et de KLM.
La direction a confirmé ses perspectives annuelles avec une diminution de ses coûts pour 2019 "entre -1% et 0% à charges et carburants constants".
Les résultats divergent entre Air France et KLM. Air France a dégagé un résultat d'exploitation de 143 millions d'euros, 115 millions de moins que KLM (258 millions), qui a néanmoins subit une baisse de 70 millions d'euros par rapport à l'an dernier. Le résultat d'exploitation de Transavia (composée de Transavia Holland et de Transavia France) a baissé de 9 millions d'euros, à 52 millions d'euros.
L'entité française du pôle low-cost du groupe pourra se développer. Les pilotes du SNPL ont en effet voté favorablement au projet de développement de Transavia France. Le plafond de 40 avions, que ne pouvait pas dépasser Transavia, saute. Son développement reste néanmoins très encadré. Il s'effectuera de ses bases existantes d'Orly, Nantes et Lyon sans exclure la possibilité d'en ouvrir d'autres en France. Des bases à l'étranger sont interdites. La flotte de Transavia France devra être composée uniquement d'avions monocouloirs. Les trajets ne devront pas dépasser 3.000 miles nautiques et les vols transatlantiques sont interdits. Transavia n'exploitera pas de vols réguliers au départ de Roissy-Charles de Gaulle, le hub d'Air France.
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