Air France : les pilotes de Transavia lèvent la paix sociale, ceux de HOP ne feront pas grève cet été

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(Crédits : Paul Hanna)
Les pilotes historiques de Transavia ont informé la direction qu'ils levaient la paix sociale. Ils s'opposent aux conditions qui leurs sont faites dans l'accord de développement de la low-cost d'Air France conclu entre la direction d'Air France et le SNPL d'Air France. En revanche, le SNPL de HOP a suspendu sa menace de grève pour l'été.

L'actualité sociale des pilotes de ligne du groupe Air France est chargée. Selon nos informations, le syndicat des pilotes de ligne (SPL) de Transavia a levé la paix sociale au sein de la filiale low-cost d'Air France. Cette mesure entraîne l'obligation pour la direction de débuter des négociations d'ici à trois semaines, soit jusqu'au 29 juillet.

Très présents dans cette organisation rattachée à la CFDT, les pilotes historiques, ceux qui sont rentrés chez Transavia entre 2007 et 2014 en provenance d'une compagnie autre qu'Air France (depuis 2014, tous les nouveaux pilotes sont en revanche des détachés d'Air France), s'opposent à l'accord sur le développement de la compagnie conclu par la direction d'Air France et le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) d'Air France. Aujourd'hui minoritaires au sein des pilotes de Transavia (79 contre 350 détachés), les pilotes historiques s'insurgent contre la diminution de leur ancienneté et de leur séniorité et restent par ailleurs dubitatifs sur les hausses de rémunération avancées, de l'ordre de 4 à 5% pour les commandants de bord et de 15% pour les copilotes.

Référendum au sein du SNPL Air France

Les représentants du SPL Transavia ont obtenu de recevoir les chiffres et les bases de calcul qui ont servi à faire ces évaluations. Une rencontre avec Ben Smith, le directeur général d'Air France-KLM, pourrait avoir lieu cette semaine.

A partir du 29 juillet, le syndicat pourra éventuellement déposer un préavis ou déposer une action en référé contre le projet d'accord. Certains pilotes de Transavia réfléchissent à créer un collectif pour déposer un préavis plus tôt. Or, au même moment devrait tomber le résultat du référendum des pilotes du SNPL. Il devrait être lancé en fin de semaine pour un résultat connu à la fin du mois de juillet. Les membres du SNPL Air France opposés à cet accord déplorent l'absence de "contrat unique" entre les pilotes d'Air France et de Transavia, et jugent le texte trop favorables aux pilotes de Transavia. Les hausses de rémunération de ces derniers seront notamment compensées par des mesures prises à Air France, notamment le gel des salaires en 2020 pour les pilotes.

Discussions cet été chez HOP

En revanche, la tension baisse chez HOP, la filiale régionale d'Air France. A l'issue d'une réunion avec la direction d'Air France (dont Ben Smith pendant une heure) et le SNPL d'Air France également, le SNPL de HOP qui demande l'intégration des pilotes de HOP chez Air France, a déclaré dans un communiqué interne qu'il suspendait sa menace de conflit pendant la durée des discussions cet été. Présent la première heure des discussions, Ben Smith s'est engagé à rencontrer les représentants syndicaux du SNPL HOP lors du conseil du syndicat le 17 septembre.

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Commentaires
a écrit le 11/07/2019 à 22:42 :
Faire un papier sur l'absence de grève, c'est très francais. C'est un événement de portée mondiale, au minimum. Et pendant ce temps-là, les concurrents grignotent, grignotent....
a écrit le 10/07/2019 à 20:04 :
Je m'interroge : n'y a-t-il pas rupture d'égalité entre les pilotes Transavia et les pilotes détachés, dès lors que la direction négocie ce qui concerne Transavia avec le SNPL AirFrance, donc un syndicat non présent dans la compagnie ???
Je ne suis pas du milieu aérien, et ne suis pas opposé à l'idée de conditions différentes entre AirFrance et Transavia, mais si les pilotes détachés sont à des conditions différentes des "historiques" à l'intérieur de Transavia, pour moi, il y a un problème !!! qu'en penserait les juristes ??
Réponse de le 11/07/2019 à 5:26 :
Tout d’abord les pilotes historiques Transavia ont une ancienneté max de 12 ans (2007 date de création de Transavia France). Les pilotes AF détachés eux sont entrer à AF dans les années 2000. Ils ont le choix entre 320 chez AF ou 737 chez TO. Si ils vont chez Transavia, ils viennent avec leur ancienneté AF donc 15, 20 ans...donc ils seront mieux payés que les historiques TO.

Autre chose, les historiques Transavia n’avaient jamais passé ou réussi les sélections AF.
Un arrangement à été trouvé il y a 5 ans pour leur faire passer des sélections personnalisées.
Ceux qui ont réussi ont donc rejoint la fameuse liste d’ancienneté Air France qui régit les carrières.
Mais ils l’ont rejoint comme tous pilotes, en bas.
Un commandant de bord 380 d’Emirates qui réussi les sélections AF démarrera à AF en bas de la liste, comme copi 320 ou 737. Ça a toujours été comme ça, c’est la règle connue et appliquée depuis des années pour éviter les passes droits. Choix pour eux de venir ou pas (nombreux sont ceux qui viennent car justement les règles sont claires).

Les historiques TO ou pilotes HOP d’ailleurs aimeraient être intégrés avec leur ancienneté d’origine, 12 ans pour TO, jusqu’à 25 ans chez HOP et donc de changer les règles.
Cela leur permettrait de passer devant les pilotes AF pour de nombreux choix de carrière (accès commandant de bord long courrier en particulier)
Ce que l’on appelle les Direct Entry Captain dans d’autres compagnies.

Si leur demande est compréhensible, elle remet tout en cause, et la c’est la boîte de Pandore... changer une règle qui a fait ses preuves est très risqué.
Réponse de le 11/07/2019 à 9:57 :
merci de votre explication... mais votre point de vue m'interroge :
donc vous justifiez que les pilotes Transavia perdent leur ancienneté chez Transavia (groupe AirFrance-KLM) s'ils rejoignent AirFrance, mais que parallèlement les pilotes AirFrance conservent leur ancienneté chez Transavia lorsqu'ils rejoignent cette filiale ???!!! En utilisant vos termes, les pilotes AirFrance bénéficient de ce que vous appelez Direct Entry Captain en arrivant chez Transavia, mais la réciprocité n'est pas vraie, ... et vous trouvez ça normal ???
Vous comparez avec Emirates, mais d'une part il me semble (sauf erreur de ma part) que Emirates ne fait pas parti du groupe AirFrance KLM contrairement à Transavia, et d'autre part il ne me semble pas non plus qu'un pilote AirFrance qui partirai chez Emirates conserverait son ancienneté AirFrance chez Emirates, donc l'équilibre de conditions est respecté, non ???

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