Tous les voyageurs qui empruntent le train entre Paris et la Normandie au départ ou à l'arrivée de la gare Saint-Lazare connaissent le phénomène. En heure de pointe, il est très difficile à la centaine de TER normands quotidiens de se frayer un chemin parmi les 1.400 Transiliens qui affluent tous les jours dans la deuxième plus grande gare d'Europe. Les premiers doivent souvent s'arrêter pendant de longues minutes avant de pouvoir accéder aux huit quais qui leur sont réservés (ou d'en repartir), le temps que les seconds libèrent les voies.
Pour bien comprendre l'origine de ces embouteillages, il faut avoir en tête l'écheveau complexe de rails qui dessert la gare. Ceux-ci sont séparés en cinq groupes de voies parallèles numérotés de 2 à 6. Curieusement, les trains normands circulent sur le cinquième groupe alors que leurs quais sont positionnés sur les voies du groupe 6. Problème, le trafic est tel que passer de l'un à l'autre relève sinon de l'exploit, au moins de la prouesse aux périodes les plus chargées. « Cela conduit à des cisaillements entre les trains des deux groupes ainsi qu'entre les mouvements techniques des trains normands et franciliens, ce qui fragilise l'exploitation », reconnaît d'ailleurs pudiquement la SNCF.