Vinci : «sur la privatisation des autoroutes, beaucoup disent n'importe quoi » (PDG)

Xavier huillard remanie parmi ses adjoints chez vinci
© Philippe Wojazer / Reuters

Xavier huillard remanie parmi ses adjoints chez vinci
© Philippe Wojazer / Reuters
Dans le débat sur la privatisation d'ADP, le gestionnaire des aéroports parisiens, la comparaison avec la privatisation des autoroutes est souvent citée par les opposants à cette opération, lesquels dénoncent la vente des bijoux de famille à bon compte pour des opérateurs privés qui s'en mettent depuis plein les poches à coups d'augmentations continues des prix des péages. Le discours agace au plus point le PDG de Vinci, Xavier Huillard. Et il ne s'en cache pas.
« Chacun y va sur son petit couplet et (dit) absolument n'importe quoi », a-t-il déclaré ce mercredi 6 février à l'occasion de la présentation des résultats annuels du groupe, évoquant un "nouveau délire" alors que plusieurs sénateurs ont cité la veille le cas de Vinci pour rejeter la privatisation d'ADP (pour laquelle Vinci est un prétendant).
Et de se justifier :
Pour autant, pour d'anciens membres de cabinets ministériels précédents, la stratégie de Vinci mise en place à l'époque de la privatisation des autoroutes lui avait permis de se retrouver en position de force face à l'Etat. Par exemple, en ayant raflé plus de 21% du capital d'ASF au cours des années précédant la privatisation en 2005, personne n'était venu se frotter à Vinci pour prétendre à cette acquisition. C'est pour cela d'ailleurs que le gouvernement précédent s'est débrouillé pour que la dernière cession de participation de l'Etat dans ADP en 2013 ne débouche sur une situation similaire. Aujourd'hui, Vinci ne possède que 8% d'ADP.
Certains commentaires sur ADP font, selon Xavier Huillard, fausse route.
Xavier Huillard a par ailleurs confirmé que son groupe était candidat à l'achat des 49% que détiennent les actionnaires chinois dans l'aéroport de Toulouse, mais a précisé qu'il n'était pas prêt à "faire n'importe quoi" et qu'il "serait vigilant sur les prix eu égard à l'évolution de la régulation". Le PDG de Vinci a en effet fait référence à la non-homologation des évolutions de redevances proposées par les aéroports de Nice, Marseille et Paris.
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Le groupe a annoncé mercredi des résultats marqués par une nette baisse des revenus dans les autoroutes au dernier trimestre en raison des dégradations de plusieurs péages par les "Gilets jaunes". Alors que Vinci prévoyait une hausse de trafic de 1,7% sur l'ensemble de l'année 2018, il a enregistré une baisse de 0,5% en raison du mouvement des " Gilets jaunes".
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A l'échelle du groupe, le bénéfice net annuel a crû de 8,6% à près de trois milliards d'euros, sur un chiffre d'affaires de 43,5 milliards d'euros (+8,1%).