Vinci prend le contrôle de l'aéroport Londres-Gatwick pour 3,22 milliards d'euros

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Le géant français du BTP entend asseoir sa stratégie de développement de son portefeuille d'actifs.
Le géant français du BTP entend asseoir sa stratégie de développement de son portefeuille d'actifs. (Crédits : PHILIPPE WOJAZER)
Vinci Airports, la filiale de Vinci Concessions, a signé, ce jeudi 27 décembre, un accord pour acquérir 50,01 % des parts de l'aéroport Londres-Gatwick pour environ 2,9 milliards de livres (3,22 milliards d'euros). Le groupe Vinci devient ainsi l'actionnaire majoritaire du deuxième aéroport du Royaume-Uni.

C'est une acquisition de choix. Vinci Airports, l'un des cinq principaux acteurs internationaux du secteur aéroportuaire et filiale de Vinci Concessions, a conclu un accord pour le rachat de 50,01 % des parts de Gatwick Airport Limited, société propriétaire de l'aéroport de Londres-Gatwick. Montant de l'opération : environ 2,9 milliards de livres sterling (3,22 milliards d'euros), rapporte un communiqué publié ce jeudi 27 décembre par la filiale du groupe français. Les 49,99% restants demeurent entre les mains des propriétaires actuels, le fonds américain Global Infrastructure Partners.

La transaction devrait être finalisée au cours du premier semestre 2019. Avec cette acquisition, la filiale du géant français du BTP met la main sur le deuxième aéroport du Royaume-Uni et le huitième d'Europe. Pour cause, Londres-Gatwick revendique 45,7 millions de voyageurs en 2018 et dessert 228 destinations dans 74 pays. Une fois cette transaction bouclée, Vinci Airports étendra encore un peu plus son réseau constitué de 46 aéroports répartis dans 12 pays et accueillant plus de 228 millions de passagers par an.

Développement du portefeuille d'actifs

Cette prise de contrôle de l'aéroport londonien, qualifié d'"actif exceptionnel" par Nicolas Notebaert, directeur général de Vinci Concessions et également président de Vinci Airports, met en exergue la stratégie sur le long terme orchestrée par Vinci Airports qui a pour volonté d'étoffer son portefeuille de plateformes aéroportuaires pour surfer sur le boom du transport aérien en développant son activité de concessions, un gage de visibilité à long terme. De fait, le 21 décembre, Vinci Airports annonçait avoir bouclé le financement de la concession de l'aéroport Nikola Tesla à Belgrade (Serbie) et en reprendre officiellement l'exploitation pour une durée de 25 ans à partir du 22 décembre.

Pour cela, la filiale française du géant du BTP a souscrit un montant total d'emprunts de 420 millions d'euros d'une maturité maximum de 17 ans auprès de quatre institutions européen et internationaux - l'IFC (membre du Groupe de la Banque mondiale), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), l'Agence française de développement via sa filiale Proparco, la DEG (groupe KfW) et de six banques commerciales (Unicredit, Intesa, Erste, Société Générale, Kommunalkredit et CIC). Ces emprunts doivent permettre de financer, en complément des fonds propres apportés par Vinci Airports, le droit de concession initial (upfront concession fee) versé au concédant, qui s'élève à 501 millions d'euros, ainsi que les travaux d'extension-rénovation de l'aéroport prévus dans le contrat.

Autrement, l'été dernier, Vinci Airport  reprenait déjà le portefeuille d'Airports Worldwide, suite à la signature d'un accord avec le précédent actionnaire OMERS (Ontario Municipal Employees Retirement System), en avril 2018. Cette opération avait permis à Vinci Airports de devenir le nouvel exploitant de plusieurs nouvelles plateformes : Belfast International Airport (Irlande du Nord, détenue à 100%), Skavsta Airport (près de Stockholm, 90%), Orlando-Sanford International Airport (Floride, 100%), Daniel Oduber Quiros International Airport (Liberia au Costa Rica, 45%), tous deux par le biais de contrats de concession. Sans oublier Hollywood Burbank Airport et Ontario International Airport en Californie, ainsi que Macon Downtown Airport et Middle Georgia Regional Airport en Géorgie (Etats-Unis), sous contrat d'exploitation totale.

(Avec agences)

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Commentaires
a écrit le 29/12/2018 à 15:09 :
Quel scandale, une entreprise stratégique anglaise entre sous le girond français. Que fait l’Etat anglais incapable de garder ses actifs. Vite un Brexit !
a écrit le 29/12/2018 à 13:44 :
Visiblement Vinci a plus de confiance en l'Angleterre après le Brexit.
Peut-être ils ont aussi plus d'argent à perdre, c'est vrai les autoroutes françaises sont très rentable et il faut investir le pactole.
a écrit le 29/12/2018 à 8:58 :
On peut quand même se demander si une stratégie basée sur l’augmentation du trafic aérien est pérenne: si on se met à taxer le jet fuel, pour lutter contre le réchauffement climatique, le transport aérien aura du souci à se faire et les aéroports avec. Mais personne ne semble se poser ce genre de question.
Réponse de le 29/12/2018 à 16:28 :
Avec l'electrique on se dirige vers des avions de 20 30 places en liaisons intra continentales, une augmentation de trafic plutot...
a écrit le 28/12/2018 à 17:12 :
Marrant!
Les Français pleurnichent lorsqu’une société étrangère prend la gestion d’un aéroport en France...
Et se félicitent dans le cas contraire!
Réponse de le 29/12/2018 à 12:36 :
Très juste!
Très franchouillard
a écrit le 28/12/2018 à 14:00 :
C'est grâce à vous veauxtomilistes ! Merci pour tous ce pognon qui coule à flots !
a écrit le 28/12/2018 à 9:48 :
Eh bien, comme il faut bien que quelqu’un paie les 3,22 mds d’euros, le prix des redvances et des services ( restauration, parkings etc...) n’est pas prêt de baisser !
Et devinez qui va payer ?
a écrit le 28/12/2018 à 9:47 :
Eh bien, comme il faut bien que quelqu’un paie les 3,22 mds d’euros, les prix des redvances et des services ( restauration, parkings etc...) n’est pas prêt de baisser !
Et devinez qui va payer ?
a écrit le 28/12/2018 à 8:57 :
ces français qui ne serve a rien en franque vont faire cracher UE
a écrit le 27/12/2018 à 16:17 :
Bonjour alors ! la froideur et l'inconfort de l'aérogare, aux excessives redevances aux compagnies, et donc aux voyageurs : descente aux enfers. Unique !!!!!!!!!! Priorité : double caisse des énormes redevances sur boutiques. VINCI qui va se voir offrir les froids, inconfortables, repoussants, juteux ADP. HEUREUSEMENT POUR NOUS FRANCAIS, BRUXELLES AVANCE POUR NOUS : liaisons-correspondances-confort-prix.
a écrit le 27/12/2018 à 15:26 :
Les infrastructures comme les aéroports, ports, autoroutes devraient rester dans les mains des gouvernements et en aucun cas tomber dans les mains d'entreprises comme Vinci dont l'unique but est le profit maximum aux prix de bas salaires, de prix élevés et d'une incertitude sur la gestion de la sécurité.

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