Inoforges gagne contre des concurrents low-cost

En modernisant son processus industriel, l'entreprise a réussi à conquérir un marché de pièces, jusqu'ici fabriquées dans les pays à bas coûts.

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Inoforges, transformateur de laiton, cuivre et aluminium qui emploie 206 salariés à Breteuil (Oise), vient de bénéficier d'une « relocalisation » de production. Le groupe Watts vient, en effet, de lui confier un marché dans le secteur de la robinetterie qui avait quitté il y a quelques années la France pour la Tunisie (les 2/3 du marché) et la Roumanie en sous-traitance pour une société italienne.

Il s'agit d'un contrat de fabrication de corps de disconnecteur (700.000 pièces en laiton nickelé par an) représentant 2 millions d'euros par an, soit plus de 7 % de son chiffre d'affaires qui s'élève à 27 millions d'euros, hors filiales. «  Nous avons robotisé une partie du process et nous sommes aujourd'hui compétitifs par rapport à la Tunisie », confie Emmanuel Vielliard, directeur général d'Inoforges. « Ces pièces étaient fabriquées par des concurrents dans des pays low-cost. Elles reviennent en Picardie car nous avons trouvé des solutions techniques. » Elles sont produites en flux continu selon un process de fabrication qui commence par la chauffe du métal, le graissage automatique et se poursuit avec le chargement (robotisé) de la presse, le refroidissement automatique, l'automatisation du détourage et le déchargement. « Nous avons investi dans une machine adaptée au produit de notre client », poursuit Emmanuel Vielliard. « L'innovation dans les PME n'est pas une affaire de professeur Nimbus dans son laboratoire », mais de « discussion approfondie, et sur le long terme, entre clients et fournisseurs ».

Présente dans l'industrie électrique, les gaz et fluides, le bâtiment, le luxe, le transport ferroviaire et poids lourds, Inoforges a pour clients les grands groupes industriels attachés aux produits répondant aux standards internationaux. L'entreprise est, depuis 2008, partenaire du pôle de compétitivité I-Trans, axé sur l'innovation dans le ferroviaire. Avec l'École des mines, elle est associée au projet « Light Brake C3 » (compact caliber concept), piloté par l'équipementier ferroviaire Faiveley Transport, dont l'usine d'Amiens est spécialisée dans le freinage. Philippe Gourdin, directeur technique d'Inoforges, en rappelle les enjeux : « Les constructeurs veulent gagner du poids pour améliorer le rendement et les exploitants veulent des vitesses commerciales plus élevées. »

Dans le cadre de ce projet qui vise à mettre au point des alliages d'aluminium ? légers ? destinés au freinage ferroviaire, Inoforges travaille sur une pièce « de transition » entre le cylindre et la garniture de frein. La production industrielle pourrait intervenir d'ici deux ans, après validation des choix techniques avec l'université de technologie de Compiègne et le Centre technique des industries de la mécanique (Cetim). En attendant, pour compléter ses moyens de CFAO et renforcer son « offre de coconception » auprès de ses clients, Inoforges vient d'investir dans un logiciel de simulation numérique en forge. n

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