Allumer ou pas le chauffage, le dilemme des copropriétés
Paul Marion
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10 millions de Français résident dans des copropriétés selon l'Association des responsables de copropriétés.
Reuters
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10 millions de Français résident dans des copropriétés selon l'Association des responsables de copropriétés.
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Une facture de chauffage décuplée. Dans le centre-ville de Nice, la centaine de propriétaires de la résidence d'immeubles du Parc Lubonis ont eu l'amère surprise de voir leurs dépenses de gaz pour cet hiver exploser dans des proportions inattendues, à savoir multipliées par 10. L'ancienne filiale de Gazprom qui les fournit habituellement vient de modifier ses tarifs, en phase avec l'envolée des cours du gaz depuis la guerre en Ukraine. En réponse, l'assemblée des résidents a fait voter la décision de ne pas se chauffer cet hiver.
En France, de nombreuses copropriétés sont confrontées au même dilemme : allumer plus tard, voire pas du tout le chauffage collectif cet hiver. Tel est le cas des immeubles qui ne sont pas protégées par des contrats à prix stable sur plusieurs années. En conséquence, « les gens sont prêts à faire des efforts, voire des sacrifices cet hiver sur la consommation de gaz. Les copropriétés cherchent à repousser au maximum l'allumage du chauffage », souligne Emile Hagège, directeur de l'Association des représentants de copropriétés. Pour les 10 millions de Français qui vivent dans des copropriétés, l'heure est à une sobriété dictée par le porte-monnaie plus que par le climat.
Sur l'ensemble des charges communes (ménage, éclairage...) qu'assume une copropriété, le chauffage représente de loin le principal poste de dépenses. Les résidents, qui paient ces charges, et les copropriétés, souvent endettées par les impayés, veulent à tout prix alléger la facture. « On veut comprimer au maximum le budget chauffage », revendique Martine Wakin, représentante des copropriétaires dans son immeuble des années 1970 dans les Yvelines à Poissy où le chauffage n'est pas encore allumé. « Le but c'est de tenir le maximum de temps sans chauffage », revendique-t-elle. Chaque jour sans chauffage est une petite victoire budgétaire.
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Les douces températures confortent ceux qui s'abstiennent de chauffer. Mais l'imminence de l'hiver jette une ombre sur l'été indien. Se profilent déjà les palabres hivernales entre les frileux et les économes. « Chaque année, on a les mêmes tensions entre ceux qui veulent du 24 degrés, typiquement les personnes âgées et les mères de famille, et ceux qui veulent du 18 degrés. Le juge de paix, c'est la température extérieure. Pour l'instant, les gens comprennent qu'on n'allume pas mais s'il faisait 0, on serait fichus », rappelle Emile Hagège de l'Association des résidents de copropriétés.
Paul Marion