Des gâteaux sans œufs grâce à une micro-algue, la recette d'Algama
Marine Godelier
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Présentes dans tous les produits d'Algama, les micro-algues sont riches en protéines, vitamines et oligoéléments.
Algama
Marine Godelier
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Présentes dans tous les produits d'Algama, les micro-algues sont riches en protéines, vitamines et oligoéléments.
Algama
Un pot de mayonnaise, de la brioche ou des cookies chocolatés : à première vue, les produits de la start-up Algama, trouvés dans les rayons d'Auchan, Carrefour ou encore Franprix, ressemblent à tous les autres. Et pourtant, ils contiennent un ingrédient peu répandu dans les étals des grandes surfaces : des micro-algues, comme la spiruline ou la chlorelle. Grâce à un procédé maintenu secret, l'entreprise parvient à substituer les protéines d'origine animale par ces minuscules organismes végétaux unicellulaires.
Car ceux-ci présentent d' « incroyables bénéfices », assure le cofondateur d'Algama, Alvyn Severien. « Ce sont de véritables bijoux nutritifs », vante-t-il. Et le jeune chef d'entreprise sait de quoi il parle : avant même de créer la société, en 2013, il en était lui-même fidèle consommateur - sous forme de compléments alimentaires. Conquis par leurs propriétés « exceptionnelles » pour la santé, il lui vient alors une idée novatrice, lors d'un projet de fin d'études : les intégrer dans les biens courants de consommation. « Je souhaitais trouver un moyen de les valoriser, pour démocratiser leur accès », avance-t-il aujourd'hui.
Lire aussi : Des micro-algues pour nourrir la planète
Le train est lancé. Son diplôme en poche, il s'associe à une équipe de chercheurs, notamment au CNRS, pour débuter l'étude des souches existantes. Et la mayonnaise prend rapidement, puisque l'entreprise décroche un prix au Salon de l'Alimentation un an plus tard, avant d'engendrer d'importantes levées de fonds. Fin janvier 2021, c'est la Région Ile de France qui distingue la start-up en lui accordant 600.000 euros de subvention dans le cadre du plan de Relance Industrie. De quoi financer de nouveaux produits, comme le dernier en date, le « tamalga », une mixture végétale permettant de remplacer l'œuf dans les préparations.
À lire également
Présentes dans toutes leurs recettes, les micro-algues offrent un avantage considérable : elles peuvent pousser partout, y compris hors-sol, à condition de baigner dans un milieu aquatique. « On peut les produire sur des surfaces verticales, les cultiver en intérieur... Y compris à Paris par exemple », précise le chef d'entreprise. Et même si elles se développent dans l'eau, elles en consomment in fine beaucoup moins que certaines matières céréalières et que les animaux d'élevage, pour des niveaux de protéines équivalents ou meilleurs, insiste le cofondateur. « D'autant que cette eau sera récupérée pour les prochaines cultures », ajoute-t-il.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Marine Godelier
Forêts : « Plusieurs réglementations européennes très lourdes posent problème à la Suède »
Vins de Bordeaux : les prix des vignes s'effondrent en Gironde
Climat : en Suède, la forêt est devenue une industrie du futur
Projet de loi d’urgence agricole : un premier succès à l’Assemblée, de nouveaux risques au Sénat