Après en avoir dévoilé une bonne partie le 14 juillet dernier, la Commission européenne a complété ce mercredi son « paquet climat », en se penchant notamment sur le secteur de l’énergie. Dans un contexte d'explosion des tarifs sur le marché de gros, ses nouvelles propositions concernent notamment la rénovation des bâtiments, le stockage de CO2 et la décarbonation du gaz, afin de préserver le climat sans mettre à mal la sécurité d'approvisionnement. Analyse.Fin 2019, la Commission européenne présentait le très attendu « Green Deal », sa stratégie globale pour transformer l'économie des 27 en moins de trente ans afin de préserver le climat. Deux ans plus tard, et alors même qu'une flambée historique des tarifs de l'énergie frappe le marché de l'UE, l'institution bruxelloise continue d'avancer ses pions en la matière. Car le continent doit entamer sa transition énergétique, et ne pas sacrifier ses ambitions environnementales sur l'autel du maintien à tout prix du pouvoir d'achat des citoyens, estime-t-elle. S'y trouve la « meilleure assurance contre les chocs futurs », affirmait-elle en octobre dernier, alors qu'elle présentait une « boîte à outils » pour répondre à la crise.
De la rénovation des logements à la décarbonation du gaz, en passant par la capture du CO2 dans les sols, elle a ainsi présenté ce mercredi 15 décembre un bouquet de propositions concrètes sur l'énergie, qui s'ajoutent à la première partie de son plan tentaculaire, dévoilée le 14 juillet dernier. Y figure désormais l'obligation de construire des bâtiments « neutres en carbone » d'ici à la fin de la décennie, alors que le secteur concentre 40% de l'énergie consommée en Europe. Mais aussi l'ambition de créer un nouveau marché dédié à l'hydrogène « vert », avec un système de certification et des normes techniques et réglementaires communes.
Le but : baisser de 55% les émissions d'ici à 2030 par rapport à 1990, et atteindre la neutralité climatique dès la moitié du siècle, tout en garantissant la sécurité d'approvisionnement (alors que les stocks des pays membres ont chuté de 12% par rapport à l'année dernière) et l'équité sociale. Autrement dit, selon la commissaire européenne à l'énergie, Kadri Simson, « se rapprocher de l'objectif ultime d'un système plus vert, plus juste et plus sûr ». Un chantier qui promet d'être pharaonique, si tant est qu'il soit approuvé par les Etats et les eurodéputés. Pour mieux en comprendre les contours, La Tribune fait le point sur les principales mesures.