... présidence française de l'UE.
Des milieux d'affaires au débat public, la future réglementation européenne sur la « finance durable » déchaîne les passions. Pourtant d'abord cantonné à un débat d'experts, le sujet est devenu éminemment politique, et dépasse depuis plusieurs mois les seules sphères bruxelloises. En effet, dans un rapport de force avec la Commission, certains industriels, et surtout les Etats eux-mêmes, font pression pour faire valoir leurs intérêts. Y compris la France, qui espère boucler le dossier avant sa présidence de l'Union européenne en janvier. Car l'enjeu est majeur : il s'agit de déterminer à l'échelle communautaire la liste des activités bénéfiques pour le climat afin de flécher les investissements privés vers celles-ci, mais aussi, in fine, les futures subventions publiques. D'ici à la prochaine décennie, ce sont donc des centaines de milliards d'euros à lever sur les marchés financiers qui sont en jeu.
Alors qu'Emmanuel Macron a récemment affirmé vouloir construire de nouveaux réacteurs nucléaires sur le territoire pour garantir la « souveraineté électrique de la France » et « atteindre l'objectif de neutralité carbone en 2050 », l'Hexagone espère ainsi orienter une partie de ces précieux fonds vers son industrie nucléaire. Sans quoi la filière risquerait de ne pas se relever après les incidents de ces dernières années, de l'accident de Fukushima au surcoût des EPR.