Levées de fonds et entrée en bourse : des pépites bretonnes grandissent dans les énergies renouvelables

Semaine faste pour les jeunes entreprises et le marché des énergies renouvelables. Pour industrialiser la fabrication de son système de propulsion éolienne baptisé Oceanwings, la startup industrielle Ayro annonce une levée de fonds de 10,5 millions d’euros. A Quimper, Entech Smart Energies prépare son entrée en Bourse et lève 3 millions d’euros auprès d’Épopée Gestion.

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Constitué de mâts ailes rigides, Oceanwings, le système innovant de propulsion éolienne déployé par Ayro, promet de diminuer jusqu'à 45% les émissions de CO2 des navires.
Constitué de mâts ailes rigides, Oceanwings, le système innovant de propulsion éolienne déployé par Ayro, promet de diminuer jusqu'à 45% les émissions de CO2 des navires. (Crédits : Ayro)

De la décarbonation du transport maritime au solutions de production, de stockage et de conversion d'énergie : Ayro et Entech Smart Energies illustrent, à elles deux, la diversité de profil des entreprises bretonnes engagées dans la filière des énergies renouvelables.

En croissance, elles font parler d'elles cette semaine, dévoilant leurs ambitions pour les années à venir.

Émanation du cabinet vannetais d'architecture navale VPLP Design, la jeune pousse industrielle Ayro, fondée il y a deux ans, vient d'annoncer une levée de fonds de 10,5 millions d'euros auprès d'Ocean Zero, de Bpifrance et de Mer Invest.

Outre le renforcement des équipes de vente et de marketing, cet argent va financer l'entrée en phase industrielle, en décembre prochain, de la fabrication d'Oceanwings. Constitué de mâts ailes rigides dessinés par VPLP, ce système innovant de propulsion éolienne promet de diminuer jusqu'à 45% les émissions de CO2 des navires. L'usine d'assemblage est en cours d'installation sur la zone portuaire de Caen-Blainville.

Équipement d'un navire roulier pour ArianeGroup

La commande de 5 millions d'euros signée avec ArianeGroup pour équiper le Canopée, fin 2022, fait gonfler les voiles de la jeune pousse.

Ayro assemblera quatre premières ailes rigides et rétractables de 360 m2 chacune sur ce navire roulier long de 120 mètres. En cours de construction chez VPLP, le Canopée acheminera les composants du lanceur Ariane 6 depuis l'Europe jusqu'à la Guyane à compter de 2023.

Adaptée au transport maritime et au yachting, en complément de la motorisation classique des navires, la technologie Oceanwings est testée depuis deux ans sur le catamaran laboratoire Energy Observer, dédié à la propulsion zéro carbone.

« Le transport maritime représente 90% du transport de marchandises dans le monde », rappelle Marc Van Peteghem, co-fondateur et président d'Ayro. « En 2020, ce marché représentait 3% des émissions de gaz à effet de serre et pourrait représenter 17% à horizon 2050 si rien n'est fait. La décarbonation de cette activité est nécessaire pour endiguer les émissions polluantes. Les Oceanwings participent à la mise en conformité des acteurs maritimes aux normes et réglementations internationales de l'environnement. »

L'industrialisation de l'activité d'Ayro devrait créer une quinzaine d'emplois à Caen dès cette année avec un objectif de 60 en trois ans.

Accélération d'Entech dans les EnR

Forte croissance attendue également pour Entech Smart Energies, basée à Quimper. Fondée il y a cinq ans, l'entreprise spécialisée dans le stockage, la conversion et le pilotage intelligent des énergies renouvelables (éolien, hydrogène, photovoltaïque), prépare son entrée en Bourse sur le marché Euronext Growth Paris.

L'augmentation de capital est évaluée à 22 millions d'euros mais elle pourrait aller jusqu'à 25,3 millions d'euros via une clause d'extension.

Portée par une croissance de 67% en 2020 pour un chiffre d'affaires de 9,4 millions d'euros (31% à l'export), l'entreprise de 68 personnes, dont 50% d'ingénieurs, anticipe des revenus 2021 en hausse de 80%. 17 millions d'euros sont déjà sécurisés par le carnet de commandes.

Alors que la souscription a démarré mardi et s'étend jusqu'au 29 septembre à un prix annoncé entre 5.91 euros et 7,99 euros par action, Entech a levé, en parallèle, 3 millions d'euros auprès du fonds Épopée Gestion. L'entreprise créée par Ronan Le Moal et Charles Cabillic signe ainsi le premier investissement de son fonds de capital-développement Épopée Transitions 1, doté de 84 millions d'euros.

« Entech apporte aux producteurs et opérateurs d'énergie de nouveaux systèmes de gestion et de stockage rendant possible l'intégration massive des énergies renouvelables (EnR) dans le mix énergétique. Ces systèmes reposent sur des solutions de stockage (batterie, hydrogène) et de conversion électrique pilotée par des logiciels fondés sur le big data et l'IA », précise Christopher Franquet, pdg et co-fondateur de la société avec Laurent Meyer.

Vers plus de co-développements

En cinq ans, l'entreprise a mené plus de 230 projets en France et à l'étranger pour des opérateurs tels que Engie, Neoen, Voltalia ou CapVert Énergie.

« Notre ambition est d'atteindre 130 millions d'euros de chiffres d'affaires annuel à l'horizon 2025. Le projet d'introduction en Bourse doit permettre de recruter une trentaine de commerciaux en cinq ans, d'ouvrir plusieurs bureaux en France et à l'international et de consolider l'avance technologique d'Entech via une politique R&D active », ajoute Christopher Franquet.

L'entreprise souhaite aussi étendre son activité vers le co-développement de projets dont le ticket d'entrée se situe entre 100.000 et 200.000 euros. Une première concrétisation est en cours à Kerjéquel. Entech est actionnaire à 55%, avec Énergie en Finistère et l'association Énergie Partagée, de ce projet de centrale solaire et de stockage.

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