L' inventeur des ailes verticales Ayro installe son usine dans le port de Caen
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Conçus comme une propulsion auxiliaire, les mâts ailes d'Ayro pourraient contribuer à réduire les émissions de GES des flottes commerciales, lesquelles devraient doubler d'ici 2050 en l'absence de mesures radicales.
Ayro
L' inventeur des ailes verticales Ayro installe son usine dans le port de Caen
La course à la décarbonation du transport maritime est lancée. Après avoir validé pendant deux ans les performances de ses mâts ailes sur l’Energy Observer, la startup Ayro emménage sur le port de Caen où elle fabriquera les premiers OceanWings à l’échelle industrielle avec pour objectif d’équiper les navires de commerce d’une propulsion auxiliaire. Comme un retour vers le futur de la marine à voile.
La startup fondée par le cabinet d'architecture navale breton VPLP, réputé dans le monde de la voile, a choisi son camp de base. En décembre, Ayro investira un bâtiment situé en bordure du canal qui relie le port de Caen-Ouistreham à la mer pour lancer l'assemblage de quatre premiers mâts ailes. Ces ailes rétractables de 360 m2 chacune (33 mètres de haut et 11 de large) équiperont le Canopée : un navire roulier de 120 mètres de long en cours de construction par VPLP qui acheminera les composants du lanceur Ariane 6 depuis l'Europe jusqu'à la Guyane à compter de 2023.
Cette première commande (de 5 M€) pour le compte d'Arianespace marque l'entrée en phase industrielle de la technologie vélique prometteuse développée par la jeune société pour propulser des navires en complément de leur motorisation classique. Eprouvé depuis 2007 d'abord sur un trimaran prototype de sept mètres puis à bord du catamaran laboratoire Energy Observer, le concept du nom d'OceanWings se présente sous la forme de mâts articulés et intelligents, pilotés en temps réel par un logiciel couplé à des anémomètres de haute précision.
Photo d'illustration (Crédits : Ayro)
Pour les navires neufs ou rétrofités
Cible visée : les grands armements maritimes fortement émetteurs de gaz carbonique à qui sont promis des économies de carburant de l'ordre de 30 à 70% suivant les routes maritimes. « L'intérêt est que nos mâts sont facilement pluggables sur des méthaniers, des pétroliers et des rouliers neufs ou rétrofités à partir de l'équivalent d'un support de grue. Nous avons également démontré qu'ils étaient opérants sur un porte conteneur de 2.500 EVP* », détaille Ludovic Gerard, DG d'Ayro et ex cadre de CMA CGM (où il dirigeait la filiale CMA Ships en charge de la gestion de la flotte du groupe).