Le fonds Mer Invest (Banque Populaire) veut accélérer dans la croissance bleue

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En octobre dernier, Algolesko a levé 1,2 million d'euros pour démarrer la production d'algues brunes bio en pleine mer au large de Moëlan-sur-Mer. L'entreprise exploite aussi un site au large de Lesconil.
En octobre dernier, Algolesko a levé 1,2 million d'euros pour démarrer la production d'algues brunes bio en pleine mer au large de Moëlan-sur-Mer. L'entreprise exploite aussi un site au large de Lesconil. (Crédits : Algolesko)
En 2020, le fonds d’investissement Mer Invest, filiale de Banque Populaire Grand Ouest, a accompagné six projets d’entreprises pour un total de 1,8 million d’euros. Doté de 10 millions d’euros, il oriente ses investissements vers des secteurs maritimes variés (pêche, cultures marines, biotechs, nautisme, plaisance…) Les deux premières finalisations de 2021 sont en cours dans les domaines de la santé et de la formation mais Mer Invest regarde aussi du côté des énergies marines renouvelables.

En 2019, l'entrée au capital d'Abyss Ingrédients était révélatrice : Mer Invest, filiale de Banque Populaire Grand Ouest, manifestait clairement son intérêt pour une entreprise bretonne de biotechnologies spécialisée dans la production et la commercialisation d'ingrédients naturels de santé issus de bio-ressources marines et des coproduits de poissons (cartilages, têtes, arêtes, peaux...) Depuis un an, le fonds Mer Invest accompagne aussi la croissance de Guardtex, société basée à Sarzeau et engagée dans la conception et la production d'équipements nautiques et industriels sur-mesure, tels que le KanvasLight, un tissu lumineux innovant destiné aux bateaux de plaisance.

Ouvert à l'été 2018, ce fonds sectoriel d'investissement soutient les acteurs de la croissance bleue installés dans les trois régions du Grand Ouest (Normandie, Bretagne, Pays-de-la-Loire). En 2020, Mer Invest est entré au capital de six entreprises pour un investissement total de 1,8 million d'euros. L'accompagnement des structures bretonnes Foil and Co, fabricant de planches et de foils, Algolesko, qui développe des parcs de cultures d'algues marines bio en pleine mer ou encore Mussella, qui ouvrira en juillet 2021 la première unité européenne de valorisation des coproduits issus de la mytiliculture (moules sous tailles) pour les industries cosmétiques et agro-alimentaires, porte à douze le nombre de participations détenues par Mer Invest. 50% concernent des entreprises bretonnes.

2 à 2,5 millions d'euros investis par an

« Doté de dix millions d'euros, Mer Invest intervient auprès d'acteurs variés du secteur maritime (pêche, cultures marines, algoculture, biotechs, nautisme, transport, data...) C'est le seul fonds avec ce profil-là » détaille Philippe Renaudin, son directeur général. « 3,7 millions d'euros ont déjà été investis auprès d'entreprises innovantes et en croissance afin d'accompagner leur développement. Ce financement s'exprime via des prises de participations minoritaires ou des émissions obligataires en complément des fonds propres des entreprises afin de faciliter la mise en place de financement bancaire classique.

Le ticket moyen d'investissement dans des entreprises matures oscille entre 300.000 et 500.000 euros, entre 150.000 et 200.000 euros sur des projets issus de startups. Cela représente un total de  2 à 2,5 millions d'euros par an répartis sur six entreprises. Nous co-investissons souvent avec des structures régionales comme Breizh Invest PME ou des business angels et sur une durée de valorisation allant de quatre à sept ans. »

En deux ans d'activité, Mer Invest a acquis une vraie notoriété auprès des porteurs de projets innovants. L'an passé, Philippe Renaudin et ses équipes ont examiné une cinquantaine de dossiers avant d'en retenir six. Malgré la crise sanitaire, qui décale ou reporte certains objectifs sur le deuxième semestre, la dynamique est enclenchée et offre de bonnes perspectives sur 2021.

Potentiel bleu encore à exploiter

Deux projets sont en cours de finalisation et devraient aboutir à la fin du premier trimestre : l'un autour de la santé liée au maritime, l'autre dans le champ de la formation. Mer Invest regarde aussi du côté des énergies marines renouvelables (EMR).

« Nos convictions ne bougent pas malgré la crise. Le potentiel de l'économie maritime et littorale reste encore largement à exploiter et les projets des filières maritimes sont nombreux » assure Philippe Renaudin. « Nous n'avons pas encore investi dans les EMR, mais nous regardons de près. Le fonds n'a pas vocation à financer un projet de parc éolien par exemple, mais peut s'intéresser aux activités de sous-traitance qui lui sont liés et aux bateaux de servitude. » Autre domaine sur lequel Mer Invest garde l'œil : celui du transport vélique et de la propulsion à voile autour desquels de nombreux projets émergent en Bretagne et en Pays de la Loire.

Les Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire ont ainsi dévoilé il y a quelques jours leur modèle Solid Sail / AeolDrive ; une solution de propulsion vélique destinée à de grands navires de 200 mètres de long. La conception de ces nouveaux gréements et voiles a mobilisé différents partenaires industriels dont les entreprises bretonnes Multiplast, AvelRobotics, SMM Technologies ou encore CDK Technologies.

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