L’urgence d’un "Green New Deal"
Jérôme Marin
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Stephen Coates
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Certains l'ont déjà surnommé « le sommet qui doit sauver le monde ». La COP26, qui se tiendra mi-novembre 2020 à Glasgow, en Écosse, s'annonce comme un moment charnière dans la lutte contre le réchauffement climatique. Cinq ans après l'accord de Paris, elle ne devra pas seulement constituer un point d'étape sur les objectifs pris en 2016. Elle devra également remobiliser les États, insuffler un nouvel élan et déboucher sur des engagements plus forts et contraignants.
« Les enjeux pourraient difficilement être plus grands », souligne la Fondation européenne pour le climat. Et de prévenir: « Si la COP26 venait à être un échec, ou simplement un succès diplomatique permettant aux Nations unies et à la présidence britannique de sauver la face mais sans augmenter de manière significative les ambitions de baisse des émissions de gaz à effet de serre, il deviendrait alors impossible de limiter la hausse des températures à 2 °C, et encore moins à 1,5 °C. »
Cette fourchette, s'étendant de la période préindustrielle à 2100, doit permettre d'endiguer les conséquences du dérèglement climatique. Et ainsi d'éviter des bouleversements sans précédent pour l'humanité. Mais elle apparaît aussi de plus en plus illusoire. Car les engagements pris à Paris par les 200 pays présents semblent aujourd'hui très insuffisants pour rester sur la bonne trajectoire: ils ne permettraient de limiter la hausse du mercure que de 3,2 °C, selon les estimations de l'Unep, le Programme des Nations unies pour l'environnement.
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Pis encore, ces engagements, dans les faits non contraignants, ne sont pas en passe d'être tenus. Dans son dernier rapport annuel, publié fin novembre, l'Unep tire ainsi la sonnette d'alarme. Au rythme actuel, le réchauffement pourrait être de 3,4 à 3,9 °C d'ici la fin du siècle. Pour rester sur la trajectoire de 1,5 °C, des mesures radicales et immédiates sont indispensables. Il faudrait en effet, estiment les experts des Nations unies, réduire les émissions de CO2 de 7,6 % par an au cours de la prochaine décennie. Cela passe notamment par une forte baisse de la production d'énergies fossiles, qui devrait être, en l'absence d'ajustements, deux fois trop élevée dans dix ans. Après « dix ans de procrastination climatique », le temps est donc à l'action, prévient l'Unep.
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