Face à l’urgence climatique, un sursaut qui ne vient pas
Jérôme Marin
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Stephen Coates
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Le constat est alarmant. Quatre ans après l'accord de Paris sur le climat et alors que s'ouvre lundi 2 décembre la COP 25 à Madrid, la planète n'a toujours pas pris la mesure des enjeux. Et le temps presse, préviennent les experts de l'Unep, le programme des Nations unies pour l'environnement. Sans mesures radicales et immédiates, l'objectif de limiter la hausse des températures à 1,5°C d'ici à 2100 par rapport aux niveaux préindustriels ne pourra pas être atteint. Au rythme actuel, le réchauffement pourrait se chiffrer entre 3,4 à 3,9°C d'ici la fin du siècle.
Dans un rapport publié le 26 novembre, l'Unep souligne que les émissions de CO2 doivent baisser de 7,6% par an au cours de la prochaine décennie pour suivre la trajectoire de 1,5°C. Et de 2,7% pour limiter le gain à 2°C. Des chiffres "choquants", selon Inger Andersen, présidente de l'organisation, et qui "peuvent paraître impossible à atteindre". Mais qui sont le résultat de "dix ans de procrastination climatique". "Les émissions de CO2 sont identiques aux projections faites il y a dix ans", déplore l'économiste danoise.
En dix ans, pourtant, beaucoup de choses ont changé. Feux géants en Californie, canicule record en Europe, inondations à répétition à Venise... Les conséquences du changement climatique sont de plus en plus visibles. Elles ont marqué l'opinion publique, suscité une prise de conscience et alimenté des manifestations pour le climat d'une ampleur encore jamais vue, symbolisées par la jeune militante suédoise Greta Thunberg et par les mouvements de désobéissance civile Youth for Climate ou Extinction Rebellion. "C'est la première fois que l'humanité se considère comme une espèce en danger", résume l'essayiste américain Jeremy Rifkin.
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A défaut de déboucher sur des objectifs contraignants, la conférence de Paris sur les changements climatiques, la COP 21, avait laissé entrevoir un élan sans précédent dans la lutte contre le réchauffement climatique, célébré par les responsables politiques. Mais celui-ci s'est depuis fortement essoufflé. Début novembre, les Etats-Unis ont officiellement engagé leur retrait de l'accord de Paris, un accord "horrible, coûteux, unilatéral", selon Donald Trump. Au Brésil, Jair Bolsonaro, élu au poste de président fin 2018, partage la même vision que le locataire de la Maison blanche. Et en Chine, le rythme d'ouverture de centrales à charbon reste élevé.
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