La finance verte, ses promesses et ses défis
Natasa Laporte
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... Paribas et Lucie Pinson, fondatrice de l'ONG Reclaim Finance.
L'engouement pour les obligations vertes connaît un essor sans précédent : le marché mondial des titres émis pour financer des projets liés à l'environnement n'a cessé de croître, de 10 milliards de dollars en 2013 à 200 milliards l'an dernier. Et parmi les émetteurs, les collectivités locales sont de plus en plus nombreuses. La Ville de Paris a ainsi émis sa première obligation verte à la veille de la Cop21, suivie récemment par deux autres opérations. « Nous sommes à un total de 230 millions d'euros d'encours pour ces trois émissions sur une dette totale de 6,5 milliards d'euros », a indiqué Paul Simondon, adjoint à la Mairie de Paris chargé des finances, du budget et de la finance verte. L'outil garantit aux investisseurs « que les projets financés grâce à ces obligations remplissent un certain nombre de critères en termes d'impact environnemental et de solidarité. Nous leur devons ensuite un reporting sur ces projets », précise-t-il.
Quatrième émettrice d'obligations vertes au niveau mondial, la Société du Grand Paris (SGP) a quant à elle fait le choix de financer exclusivement par ces instruments la construction du nouveau métro automatique, qui devrait éviter l'émission de « 25 à 51 millions de tonnes de CO2 à horizon 2070 », d'après Vincent Gaillard, directeur des finances de La Société du Grand Paris. La SGP a levé au total 16 milliards d'euros auprès des investisseurs. « Nous avons sécurisé 50 % du financement du Grand Paris Express dans de très bonnes conditions : un taux d'intérêt moyen inférieur à 1 % et une moyenne de maturités de 28 ans », a affirmé ce responsable.
Mais si les obligations vertes ont le vent en poupe, sont-elles pour autant réellement... vertes ? « Aucunement », répond Lucie Pinson, fondatrice et directrice générale de l'ONG Reclaim Finance. « Il faut rappeler qu'il n'y a pas d'encadrement légal et contraignant des obligations vertes. La formalisation ou l'alignement des pratiques se fait donc sur une base volontaire, via des standards comme Green Bond Principles ou Climate Bond Standards, ces derniers étant plus contraignants que les premiers ». Autre écueil, « l'impact sur le monde réel en termes de transformation et d'accélération de la transition écologique n'est pas prouvé ».
Natasa Laporte