La canicule de 2026 aggrave la crise céréalière en France. Après des années difficiles, les récoltes s’annoncent catastrophiques, menaçant les revenus des agriculteurs : blé (-4 %), orge (-6 %) et maïs (-30 %). Les agriculteurs, déjà fragilisés, font face à une situation inédite.La bonne moisson de l’été 2025 n’avait déjà pas suffi à compenser les pertes de 2024. Celle de 2026 vient aggraver la situation. À cause de la canicule des dernières semaines, la récolte de céréales s’annonce très décevante en France, et inquiète les producteurs, qui traversent une crise désormais structurelle.
Selon les premières estimations publiées aujourd’hui par Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture, la production française de blé – très précoce – devrait baisser de 4 % cette année par rapport à celle précédente, en s’établissant à 32 millions de tonnes. Malgré une augmentation de 3 % des surfaces cultivées et une bonne qualité des graines, le rendement moyen a été affecté par la dégradation des conditions de culture en fin de cycle.
Même scénario pour l’orge, dont la production baisse de 6 % sur un an, notamment à cause des mauvais rendements de l’orge de printemps (-36 %). Quant au maïs, actuellement en floraison, la baisse des surfaces cultivées et ensuite les fortes chaleurs risquent de provoquer un repli de la production française de 30 %, à 9,5 millions de tonnes : le plus bas niveau depuis 26 ans, déplore la principale association de producteurs (AGPM).
Des hétérogénéités croissantes
Dans un contexte de cours internationaux toujours bas – malgré une légère hausse ces derniers jours –, la menace plane donc sur les revenus des céréaliers, ainsi que sur leur trésorerie, déjà au plus bas. Certains, « après une quatrième mauvaise année de suite, auront du mal à passer le cap » craint Benoît Piètrement, président de l’interprofession Intercéréales et du conseil spécialisé sur les grandes cultures à l’établissement public FranceAgriMer, qui appelle d’ores et déjà à de nouvelles aides publiques.