Les cendres fument encore parfois, mais il faut avancer pour dresser le bilan de l’incendie qui, démarré le 4 juillet, a parcouru près de 5 000 hectares et en a détruit 4 000 autour d’Ille-sur-Têt, dans les Pyrénées-Orientales. La chambre d’agriculture a présenté, le 15 juillet, un premier bilan provisoire des dégâts.À défaut de donner le tournis, les chiffres communiqués par les services de la chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales, le 15 juillet en fin de journée, permettent de prendre la mesure de la gravité de cet incendie majeur, démarré le 4 juillet, qui a frappé les Pyrénées-Orientales. Selon les comptes provisoires établis par une enquête téléphonique, 165 hectares de vergers fruitiers, 11 hectares d’oliveraies, 146 hectares de vignes, 8,7 hectares de maraîchage et 98 hectares de prairies ont été touchés par les flammes au cours des six jours qu’a duré l’incendie, baladant les pompiers d’est en ouest à la faveur des bascules de vent.
Cent quatre-vingts exploitations ont ainsi été touchées à des degrés divers, jusqu’à la destruction totale pour certaines, sur les plus de 300 présentes dans le périmètre du feu.
« Nous sommes engagés dans une course contre la montre pour faire remonter tous les dossiers de dégâts », prévient Bruno Vila, vice-président de la chambre d’agriculture et patron de la FDSEA des Pyrénées-Orientales.
Des dégâts hétérogènes
Pour l’heure, selon les assureurs présents, à peine plus d’une trentaine de dossiers ont été transmis aux compagnies d’assurance, qui s’échinent à faire passer les experts dans les exploitations. C’est peut-être là que la facture sera douloureuse. D’abord pour ceux qui ne sont pas assurés : l’incendie ne rentre pas dans les dispositifs de catastrophe naturelle ou de calamités agricoles, justement parce que c’est un risque assurable. Pierre Régnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales, a précisé qu’il allait prendre en compte ces situations particulières.
Et pour les assurés, le compte n’y sera probablement pas, question de capital déclaré. Julien Martin, arboriculteur bio à Ille-sur-Têt qui a vu le feu passer dans huit à dix hectares de ses parcelles, témoigne : « On est assuré mais, comme beaucoup, on ne prêtait pas attention au risque incendie. Les assureurs ne nous incitaient pas non plus à le faire, alors que moi, comme d’autres, je mets le paquet sur la multirisque gel ou grêle ». Il sait déjà que les dégâts sur son exploitation seront loin d’être couverts.