La marine marchande, toutes voiles dehors pour réduire ses émissions de CO2
Jérôme Marin
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Jérôme Marin
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
« Notre technologie est très innovante, elle n'a que 5. 000 ans », plaisante Michel Péry. Capitaine de cargos et de pétroliers pendant plus de vingt ans et désormais président de la start-up nantaise Neoline, cet ancien marin s'est fixé un ambitieux pari: relancer le transport de marchandises à la voile. Deux cent ans après l'apparition des premiers navires à vapeur, remplacés depuis par des motorisations diesel, l'idée peut paraître farfelue. Mais elle s'inscrit dans la volonté du secteur de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques. Par préoccupation écologique. Mais surtout par la crainte de nouvelles taxes ou réglementations, sous l'impulsion notamment de la Commission européenne.
Lancé à l'automne 2015 par neuf anciens officiers de la marine marchande, le projet de Neoline doit bientôt se concrétiser. Mardi 4 février, une étape primordiale a été franchie avec l'entrée dans le capital de l'armateur Sogestran et de sa filiale la Compagnie maritime nantaise. Un premier cargo doit être commandé au printemps, pour un coût estimé à 45 millions d'euros. Principalement fabriqué à Saint-Nazaire, il doit être livré en 2022. Il reliera alors la commune bretonne à Baltimore, sur la côte est des États-Unis, après avoir fait une escale à Saint-Pierre-et-Miquelon. Avec ses six voiles - pour une voilure totale de 4.200 mètres carrés -, « il permettra d'économiser entre 80 % et 90 % de consommation de carburant », promet Michel Péry. La société espère ensuite atteindre le zéro carbone dans les dix ans, en remplaçant le moteur diesel, encore indispensable pour les manœuvres de port, par des batteries électriques ou de l'hydrogène.
À lire également
Longs de 136 mètres, les navires rouliers de Neoline peuvent transporter l'équivalent de 280 conteneurs, notamment des cargaisons hors gabarit. Se basant sur des simulations effectuées à partir des données météorologiques de ces cinq dernières années, l'entreprise assure pouvoir traverser l'Atlantique à une vitesse moyenne de 11 nœuds. C'est nettement moins que les navires concurrents, qui peuvent atteindre jusqu'à 15 nœuds. « Notre vitesse est acceptable pour certains chargeurs », assure cependant Michel Péry. Neoline compte déjà trois clients, soucieux de réduire leur empreinte environnementale : le constructeur automobile Renault, le spécialiste des engins de chantier Manitou et le fabricant de bateaux de plaisance Beneteau. En cas de succès commercial, la société prévoit déjà de faire construire un deuxième cargo.
Jérôme Marin
Jean-Luc Duval, nouveau président de La Coopération Agricole : « Je refuse de faire de la France un parc naturel »
Vins de Bordeaux : les ventes en primeurs, un mécanisme à bout de souffle
Pesticides : l’acétamipride revient au menu de la loi d’urgence agricole
L'Europe approuve une nouvelle génération d'OGM