L'industrie spatiale bousculée par les acteurs d'internet

Gael Cérez
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"L'industrie spatiale est-elle à la croisée des chemins ?" Cette question, posée par Lucien Rapp, enseignant à l'université Toulouse 1 dans la chaire Sirius, a ouvert les 6e rencontres Droit et Espace, organisées mercredi 30 septembre à Toulouse.
Pour y répondre, étudions d'abord l'état actuel des choses. Sans surprise, le secteur est très largement dominé par les États-Unis, qui dépensent chaque année plus de 40 milliards de dollars dans le spatial. "Avec un effectif industriel relativement limité compte tenu de sa capacité, les États-Unis disposent de 4 fois plus de satellites que les autres, précise la géographe Isabelle Sourbes-Verger. Ils ont un budget monstrueux depuis le début de l'ère spatiale. Il y a un écart de 35 milliards d'euros chaque année avec l'Europe." Les États-Unis sont les seuls à avoir une flotte complète de satellites militaires variés. Pas étonnant qu'ils "considèrent l'espace comme une chasse gardée", estime Isabelle Sourbes-Verger.
Un astronaute américain ©Nasa.
En face, il y a évidemment la Russie qui, comme son éternel rival, consacre entre 2 et 2,5 % de son PIB au spatial. "Depuis 2010, la Russie réinvestit pour redevenir une puissance spatiale", constate la chercheuse du CNRS spécialiste de l'occupation du circumterrestre.
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Derrière ces deux pionniers de la conquête spatiale, on trouve le Japon et l'Europe. Si elle ne peut lancer de vols habités, celle-ci occupe tout de même la 2e place en termes de budget et de flotte de satellites. "Elle consacre 0,1 à 0,5 % de son PIB au spatial et dispose d'un parc industriel limité, ce qui montre sa compétitivité", remarque la chercheuse. Comme le Japon, l'Europe dispose de possibilités très performantes et sophistiquées.
Derrière, vient le groupe des "anciens émergents" composé de la Chine et de l'Inde. Avec un investissement estimé entre 0,5 et 1 % de son PIB, l'effort chinois reste "relatif".
Gael Cérez