Des débrayages à "La" Bosch de Rodez

Pierrick Merlet

Bosch Rodez
DR

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"Elle est à Rodez ce qu'Airbus est à Toulouse", d'après Jean-Louis Chauzy, le président du Conseil économique, social et environnemental régional d'Occitanie (Ceser, nldr). En effet, l'usine du groupe allemand Bosch installée en banlieue ruthénoise depuis 1970 est le premier employeur privé du département de l'Aveyron avec ses 1600 emplois et 10 000 emplois indirects. Et depuis très tôt lundi 19 mars, "La" Bosch comme elle est appelée sur place, fait l'objet de débrayages successifs et d'un barrage filtrant.
D'après les représentants des salariés, la tension serait montée d'un cran sur place suite à cette découverte, le site ruthénois étant mis à l'écart de ce plan d'investissement. Spécialisée dans la fabrication des systèmes d'injections pour moteurs diesel, l'intersyndicale et les salariés se battent depuis plusieurs mois pour sauver les emplois du site, ou du moins la majorité.
Vendredi 26 janvier dernier, le président de la division Diesel Monde de Bosch, Uwe Gackstatter, était sur place pour faire des annonces concernant l'avenir de l'usine ruthénoise. Le groupe Bosch s'était dit prêt à investir 14 millions d'euros pour moderniser l'une des deux lignes de production que compte l'usine, si un accord de compétitivité est signé par les salariés avant le mois d'avril. Ce choix aura des conséquences sociales puisque l'arrêt de la seconde ligne de production d'ici 2020 pourrait entraîner la suppression de 300 à 400 emplois, selon l'intersyndicale de l'usine.
Problème, depuis cette visite, les négociations n'ont que très peu avancé. L'équipementier allemand propose le maintien d'une grande partie des emplois en l'échange d'un chômage partiel pour ses salariés. Mais le groupe ne s'engage ni sur un volume de production, ni sur un plan de diversification industrielle de l'usine comme demandé par les 1600 salariés, les élus locaux et le gouvernement français. La dépendance au marché du diesel pour ce site n'étant plus possible.
Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, qui a pris la main sur ce dossier, a rencontré l'intersyndicale, les élus locaux dont Jean-Louis Chauzy, à l'Assemblée Nationale la semaine dernière pour tenter de débloquer la situation. Une réunion qualifiée de "positive" par ses participants.
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Sans avancée prochaine sur les négociations en cours au sujet de l'usine de Rodez, l'intersyndicale se dit prête à durcir le mouvement comme le blocage total de l'usine. En attendant, mardi 20 mars, un mouvement de contestation (tracts, grèves, etc) a lieu sur tous les sites Bosch en France en solidarité à "La" Bosch de l'Aveyron.
Pierrick Merlet