Gilets jaunes : les commerces de Toulouse en pleine hémorragie

Pierrick Merlet

Gilets jaunes 8 décembre
Rémi Benoit

Pierrick Merlet

Gilets jaunes 8 décembre
Rémi Benoit
"Nous sonnons aujourd'hui l'urgence économique", alerte Jonnhy Dunal, le président de l'association Carré Baragnon, un collectif de commerçants du cœur historique de Toulouse. Afin d'alerter sur la situation économique des petits commerces de la Ville rose, celui qui est aussi dirigeant de la boutique L'Observatoire a rédigé une lettre à destination du préfet de Haute-Garonne et d'Occitanie, Étienne Guyot. Une lettre envoyée le 7 janvier et que le commerçant a rendu public le lendemain sur les réseaux sociaux, dans laquelle il regrette les conséquences économiques du mouvement des Gilets jaunes.
En effet, depuis le début de la mobilisation des Gilets jaunes samedi 17 novembre, les commerces de Toulouse ne sont pas épargnés... Interviewé en décembre dernier par La Tribune, le président de la fédération des commerçants de Toulouse, Jean-Marc Martinez, évoquait une chute du chiffre d'affaires de "20 % par rapport à 2017" pour le commerce toulousain et "des centaines de petits commerces" proches de la faillite, à cause de ce mouvement social.
Il est vrai que contrairement aux autres années, le centre-ville de Toulouse a été délaissé par la population, tout comme le marché de Noël sur la place du Capitole, fermé à de multiples reprises pendant les manifestations.
Alors pour tenter de limiter la casse, beaucoup d'entre eux avait marqué d'une croix blanche sur leur calendrier la période des soldes d'hiver, lancés mercredi 9 janvier et qui doivent s'achever mardi 19 février. Pour beaucoup de spécialistes et analystes, les consommateurs pouvaient s'attendre "aux soldes de la décennie", avec des promotions importantes. Et ils ne se sont pas trompés... Il suffit d'arpenter les rues toulousaines et d'observer les vitrines pour remarquer dès les premiers jours des soldes des promotions de l'ordre de -50%, -60% voire -70% parfois. Du jamais vu.
L'élu se dit "très inquiet" pour les commerces de sa ville et "ne voit pas qui peut compenser la perte de chiffre d'affaires ni comment". Néanmoins, la Ville de Toulouse a tenté d'aider à sa manière les commerçants avant Noël.
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En prenant en compte la dégradation du mobilier urbain, ce coup de pouce en direction des boutiques toulousaines et le manque à gagner de Tisséo suite aux nombreux arrêts du réseau les samedis, la facture totale des débordements en marge du mouvement des Gilets jaunes s'élève à 2,6 millions d'euros pour la Ville de Toulouse en près de deux mois.
En plus de ce coup de pouce municipal, la préfecture de Haute-Garonne a annoncé des aides à destination des commerces impactés par cette crise sociale lundi 10 décembre. Il s'agit en réalité un aménagement du paiement des charges comme le fait remarquer Jonnhy Dunal dans sa lettre encore une fois.
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En attendant, Jean-Luc Moudenc tiendra une réunion samedi 12 janvier, avec le président de la fédération des commerçants de Toulouse Jean-Marc Martinez, le président de la CCI de Toulouse Philippe Robardey, l'adjoint en charge de la sécurité Olivier Arsac et celui en charge du commerce Jean-Jacques Bolzan. L'objectif de cette entrevue est de trouver une solution à ces centaines de petits commerces dans l'incertitude sur leur avenir.
Pierrick Merlet