Gilets jaunes : des mesures pour les commerçants de Toulouse

Pierrick Merlet

Gilets jaunes 8 décembre
Rémi Benoit

Pierrick Merlet

Gilets jaunes 8 décembre
Rémi Benoit
Pour certains, l'Acte IV du mouvement des gilets jaunes à Toulouse samedi 8 décembre était bien plus violent que mai 1968... Et ce, malgré un renforcement du dispositif de sécurité et des effectifs des forces de l'ordre dans la Ville rose comparé à celui du samedi 1er décembre.
Résultat, dès 14h30 dans les rues de Toulouse, les premiers affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants éclatent dans le quartier Compans-Caffarelli. Ce n'est alors que le début d'une longue après-midi de violences qui s'achèvera aux alentours de 21 heures... Entre temps, les quartiers de Saint-Cyprien et de la Patte d'Oie ont été les plus touchés par ces débordements. "Les barricades dépassaient les 4 mètres de haut dans ces quartiers, avec des flammes d'une hauteur de 10 mètres", a même décrit le représentant de l'État.
Des casseurs se sont mêlés aux cortèges./ Crédits : Rémi Benoit.
Par conséquent, c'est aussi dans ces quartiers que les commerces ont été les plus vandalisés, détériorés et cambriolés, malgré 39 interpellations. Sans compter le mobilier urbain dégradé, la facture sera lourde pour la Ville de Toulouse et son tissu économique...
Les effectifs policiers, sur demande du préfet, ont été renforcés samedi 8 décembre à Toulouse./ Crédits : Rémi Benoit.
Après avoir rencontré dimanche 9 décembre les 41 commerces touchés par les violences aux côtés du maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, le préfet a donc présenté un dispositif unique pour soutenir l'ensemble de l'activité économique toulousaine, lundi 10 décembre.
Ainsi, "un guichet unique" a été créé pour les entreprises qui doivent faire face à des difficultés économiques liés aux mouvements sociaux, géré par la CCI de Toulouse et la Chambre des métiers et de l'artisanat de Haute-Garonne (05-61-33-66-50 et [email protected]). Ensuite, "un dossier unique aux démarches administratives simplifiées" a également été créé pour demander des procédures de soutien comme par exemple le report des échéances fiscales et sociales de l'année 2018 en 2019, voire une mensualisation. "Ces dossiers d'aménagements fiscaux seront étudiés au cas par cas", précise Étienne Guyot, qui attend également de recevoir des demandes d'activité partielle de la part de certaines structures. Enfin, une cellule multi-partenarial a été mise en place afin d'accélérer les dossiers d'indemnisation auprès des assurances et les demandes de financements (crédits) à court terme.
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Seulement, ces mesures n'arrivent-elles pas trop tard pour les petits commerçants toulousains ? Depuis plusieurs semaines, ils tentent d'alerter les pouvoirs publics sur la chute dramatique de leur activité économique en lien avec le mouvement des gilets jaunes et des lycéens, qui rendent la plupart du temps le centre-ville désert.
Symbole du mois de décembre à Toulouse, le marché de Noël installé sur la place du Capitole fait face à une forte baisse de sa fréquentation dans ce climat social dégradé. Certains exposants craignent de voir leur chiffre d'affaires chuter de moitié... Un constat alarmant pour des exposants qui payent plusieurs milliers d'euros la location d'un chalet lors de cet événement.
Des décorations de Noël ont également été détériorées./ Crédits : Rémi Benoit.
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Pour tenter de compenser le manque à gagner des commerçants toulousains, le préfet a annoncé son intention de faire ouvrir un maximum les magasins le dimanche en décembre et janvier 2019. Pas sûr que cela soit suffisant...
Pierrick Merlet