Delair lance sa plateforme d'exploitation des données

Pierrick Merlet

Delair.ai
Delair

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"En soit, un drone est un outil qui ne sert à rien si les données qu'il récolte (les photos, ndlr) ne sont pas exploitées et il est impensable de les regarder une à une pour en retenir des informations", lance Michaël de Lagarde, co-fondateur et CEO de Delair, le fabricant de drones professionnels basé à Labège (Haute-Garonne). Alors, pour compléter son activité hardware (la construction de drones), activité sur laquelle l'entreprise toulousaine a concentré une grande partie de ses efforts depuis sa création en 2011, Delair présentera mercredi 6 février une plateforme du nom de Delair Aerial Intelligence, afin de développer son activité software (traitement des données).
Surnommée "delair.ai", ce service cloud accessible simplement via un accès Internet permet de comparer dans le temps la répartition du stock et sa gestion dans une carrière, de suivre l'avancée d'une plantation et ainsi de mieux cibler les opérations de traitement et d'assainissement, ou encore de connaître l'état du réseau électrique pour faciliter sa maintenance, pour ne citer que ces exemples. Cette précision dans l'information "permet ainsi une réduction des coûts, notamment de maintenance, de l'ordre de d'un tiers à un dixième selon les applications", souligne le dirigeant. Ce qui peut en l'occurrence rapidement rentabiliser l'investissement pour utiliser cette plateforme, son coût étant de 208 euros (ou 250 dollars) par crédit sachant qu'un crédit représente un projet (ou un jumeau).
Un exemple d'analyse que permet la plateforme conçue par Delair./ (Capture d'écran).
La gestion de la masse de données et la série d'outils de visualisation, traitement, mesure et stockage que propose Delair Aerial Intelligence fonctionnent grâce à de l'intelligence artificielle implantée dans cette nouvelle technologie. Mais cette plateforme n'est pas uniquement capable de gérer de la donnée récoltée par un drone.
Avec cette possibilité, Delair veut faire de son nouveau service un produit facile à adopter par ses clients. C'est pourquoi "delair.ai" peut recevoir des données déjà stockées sur d'autres plateformes et inversement. "Cet outil est également utilisable avec tous les drones et pas seulement avec ceux conçus par Delair", fait savoir Thomas Nicholls, le directeur du marketing au sein du fabricant toulousain.
La capacité d'adaptation de Delair Aerial Intelligence a déjà séduit une cinquantaine de clients utilisateurs de la société de Michaël de Lagarde, car en réalité la plateforme existe depuis quelques années en interne.
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Ainsi, la levée de fonds opérée auprès d'Intel Capital en septembre 2018 a permis d'accélérer le développement de cette plateforme en finançant notamment la constitution d'une équipe de développeurs chez Delair.
Désormais, l'objectif du concepteur de drones professionnels est de doubler le nombre d'utilisateurs de cette plateforme chaque année, et donc d'atteindre la centaine de clients d'ici fin 2019. À même échéance, Delair vise le millier de ventes annuel, après avoir réalisé un chiffre d'affaires de 7,2 millions d'euros en 2017 (exercice 2018 pas encore terminé, ndlr).
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Si le siège de l'entreprise est à Toulouse, l'entreprise compte également des bureaux à Paris, Gent (Belgique), Los Angeles (États-Unis), Singapour, et Beijing (Chine), et compte au total 180 salariés. Mais la majorité d'entre-eux (130) sont installés au siège toulousain de Labège. Pour combien de temps encore ? Avec une vingtaine de recrutements prévus à l'échelle mondiale en 2019, la direction réfléchit à un déménagement de ces équipes toulousaines "fin 2019-début 2020", tout en restant sur l'agglomération.
Pierrick Merlet