Covid-19 : Airbus renfloue sa trésorerie et reprend partiellement sa production

Pierrick Merlet

Depuis lundi 23 mars, les salariés d'Airbus en France et en Espagne ont pu reprendre leurs postes, après la réalisation d'aménagements.
Rémi Benoit

Pierrick Merlet

Depuis lundi 23 mars, les salariés d'Airbus en France et en Espagne ont pu reprendre leurs postes, après la réalisation d'aménagements.
Rémi Benoit
C'est une crise sanitaire qui fait vaciller même les plus grands. Ces dernières jours, la crise économique causée par la pandémie de Covid-19 a provoqué la chute de l'action en bourse de l'avionneur européen et l'arrêt de son activité en France et Espagne. Pour rebondir, Airbus a annoncé, tôt dans la matinée du lundi 23 mars, "des mesures visant à renforcer ses liquidités et son bilan en réaction au COVID-19", afin de rassurer les marchés.
Alors que le constructeur aéronautique européen doit tenir son assemblée générale annuelle le 16 avril, à Amsterdam (Pays-Bas), le groupe a décidé de "retirer la proposition de dividende 2019 de 1,80 euro par action qui représente une
valeur totale d'environ 1,4 milliard d'euros. De plus, le groupe suspend le financement des retraites complémentaires et a obtenu de la part de son conseil d'administration l'aval pour une nouvelle facilité de crédit à hauteur de 15 milliards d'euros, qui s'ajoute à "la facilité de crédit renouvelable existante".
Néanmoins, si cela est nécessaire, Airbus a identifié plusieurs "scénarios opérationnels, y compris des mesures visant à réduire les besoins de trésorerie", qui pourraient être activés "en fonction du "développement de la pandémie".
Si la viabilité financière de l'avionneur européen est désormais assurée, Guillaume Faury l'a martelé lundi matin lors d'une conférence de presse téléphonique, "la priorité est donnée aux soutiens de nos clients (les compagnies aériennes, ndlr) et au maintien des livraisons". Et si Airbus peut se permettre de tenir cette position, c'est en particulier grâce à son riche carnet de commandes qui va lui permettre d'absorber avec moins de difficultés que d'autres le choc économique lié à la pandémie de Covid-19.

Le carnet de commandes d'Airbus au 29 février 2020 (Crédits : Airbus).
Ces annonces et cette conférence de presse se coordonnent ainsi avec la reprise partielle de la production sur les sites espagnols et français lundi 23 mars, après quatre jours d'arrêt pour adapter les postes de travail sur les lignes d'assemblage aux gestes barrières contre le virus, comme le mètre de distance minimum entre chaque individu.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Dans les faits, les lignes d'assemblage sont en train d'être repensées pour assurer la santé des salariés en évitant les contacts et "cela prendra du temps" pour retrouver une production totale, explique-t-on en interne à Airbus. Ainsi, les salariés en ligne d'assemblage à partir de maintenant vont travailler par tranche de six heures de travail, contre huit habituellement. Ces deux heures de battement vont permettre aux équipes de désinfection, renforcées dans ce contexte, d'avoir un temps d'intervention plus large pour éliminer tout risque de contamination sur chacun des potes.
À lire également
Pour mémoire, les syndicats sont divisés devant cette stratégie. Certains partagent la position de la direction, pendant que Force ouvrière milite pour un arrêt total et prolongé de la production afin de garantir la sécurité et la santé des salariés.
Pierrick Merlet