Voilà maintenant un mois et demi que la crise sanitaire a conduit au dispositif de confinement. Comment la gendarmerie aborde-t-elle ses missions dans ce contexte ?
Général Lettermann : « Le groupement de gendarmerie de l'Hérault, ce sont 1 100 gendarmes, et 3 700 sur l'ex-Languedoc-Roussillon. Cette crise nécessitait d'avoir une réflexion sur notre propre plan d'activité. La question, c'est comment continuer à assurer notre mission de service public. Et le maître-mot, c'est la résilience. Nous avons organisé les équipes de l'État-Major mais aussi celles sur le terrain en bordées étanches (comprendre des équipes qui ne se croisent pas, NDLR) afin de limiter le risque de contamination : les gendarmes alternent une journée au bureau et une journée à la maison. Par ailleurs, nous avons déterminé les missions principales à tenir, notamment s'assurer du respect des mesures de confinement sur le terrain. Nous avons bien sûr mis des moyens spécifiques comme des écrans en plexiglace, fabriqués dans nos ateliers, sur les banques d'accueil, des kits sanitaires dans les véhicules, etc. »
Cette crise sanitaire est inédite. Pour autant, la gestion de crise ne vous est pas inconnue...
« C'est notre métier d'officier de gendarmerie de gérer la crise. Le gendarme est au contact de tous les disfonctionnements de la société : délinquance, violences, troubles à l'ordre public, incivilités, émeutes, accidents de la circulation, et toutes crises climatiques, sanitaires, etc. Or dans la région, on n'est pas épargnés, notamment par les crises climatiques comme l'épisode des inondations dans l'Aude en octobre 2018, la crise terroriste le 23 mars 2018 à Trèbes, ou encore le terrible accident de car de Millas en décembre 2017... J'ai été en poste à la sécurité de l'Hôtel de Matignon de 2007 à 2010, où nous avions à considérer deux sujets importants : la continuité d'activité en cas de crue de la Seine et en cas d'épidémie du H5N1. »