Dans les Corbières, une cartographie de la zone d’influence directe des flammes et des fumées de l’incendie du 5 août a déterminé une « zone rouge » de 1 700 hectares de vignes brûlées ou affectées par les fumées.
Un mois après le début du terrible incendie qui a ravagé le massif des Corbières, dans l’Aude, les viticulteurs sont aux vendanges. Mais les sinistrés de la « zone rouge », soit 1 700 hectares de vignes, quant à eux, planchent sur le dossier des assurances. Il faudra déterminer les pertes de récoltes, mais aussi estimer si les ceps endommagés pourront être sauvés.
L'incendie, qui a éclaté le 5 août dernier dans le massif des Corbières dans l'Aude, laisse un paysage de cendres, des habitants et des professionnels désemparés. Dans ce département rural, l'agriculture, notamment la viticulture, est un des piliers de l'économie. Or le feu a ravagé près de 17 000 hectares à seulement quelques semaines des vendanges.
Un mois après, les vendanges battent justement leur plein dans une ambiance empreinte d'inquiétude. Car certains viticulteurs n'ont plus rien à vendanger et d'autres se demandent si leurs vins seront commercialisables, alors que les raisins ont été touchés par les fumées de l'incendie.
Ludovic Roux, viticulteur et président de la Chambre d'agriculture de l'Aude, rapporte qu'une cartographie de la zone d'influence directe des flammes et des fumées a déterminé une « zone rouge » de 1 700 hectares de vignes brûlées ou affectées par les fumées. Sur les communes de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, Tournissan et Coustouge, ce sont 80 % des vignes qui ont été touchées... Il faut aussi compter plus d'une centaine d'habitations détruites ou endommagées et une quarantaine de véhicules brûlés.
Les 1 700 hectares de vignes représentent quelque 400 vignerons qui auront droit au fonds d'urgence de 8 millions d'euros promis par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, pour « indemniser les pertes de récoltes, les pertes de fonds et les destructions de bâtiments et de matériel agricole ».
Les services de la Chambre d'agriculture indiquent que dans cette « zone rouge » figurent aussi 250 hectares de céréales, 60 hectares d'oliviers et amandiers, ainsi que 500 hectares de landes et prairies.
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Laurent Torregrosa est professeur de biologie et de génétique des plantes à l'Inrae-Institut Agro Montpellier. Son principal sujet de recherche : l'acclimatation et l'adaptation de la vigne à l'élévation de la température et au déficit hydrique. L'incendie a affecté diversement les parcelles de vigne. Le chercheur recommande de faire un diagnostic au plus vite, « tant qu'on peut encore juger de l'impact du feu, car des informations de la plante vont se perdre quand les feuilles tomberont ». Il observe trois cas de figure possibles : « Une grande parcelle de vigne environnée par des landes et impactée uniquement en bordure sur cinq ou dix rangs, des parcelles moyennes à petites environnées de flammes et impactées par de fortes températures en partie aérienne de la vigne, et des parcelles enherbées dont le sol était très sec et qui se sont enflammées, exposant doublement les vignes à la chaleur venant du sol et à celle de l'environnement. C'est sur ces dernières que les dommages seront les plus sévères. »