Après une baisse historique en 2024 imputable aux conditions météorologiques (sécheresse et hétérogénéité des pluies), la production française de blé tendre devrait revenir cette année à un niveau correct : 30 millions de tonnes (5 millions de tonnes destinées à la meunerie, 15 millions de tonnes à l'alimentation animale, et le reste à l'export). Mais face à la concurrence directe des pays de la Mer Noire (Ukraine, Russie,...), dont les productions sont excédentaires, le prix de vente est en léger recul (environ 200 euros la tonne, contre 220 euros en 2024).
Sur un marché de la meunerie détenu majoritairement par de grands groupes (InVivo, Grands Moulins de Paris,...), une multitude de petits moulins tentent de s'adapter face à la volatilité des prix et la baisse de consommation du pain. En Occitanie, qui récolte environ 2 millions de tonnes de blé tendre par an, la coopérative agricole audoise Arterris (1,1 milliard d'euros de chiffre d'affaires) vient de s'associer à son homologue du sud-ouest Val de Gasgogne (300 millions de chiffre d'affaires) pour créer Moulins du Sud.
Arterris est leader sur les grands comptes et Val de Gascogne sur l'artisanat : en mutualisant leurs outils de production et en optimisant les ressources logistiques, la nouvelle structure (détenue à 66 % par Arterris) vise à « garantir cohérence, rentabilité accrue pour les meuniers et les producteurs de blé tout en assurant une sécurité d'approvisionnement pour les quelque 700 artisans boulangers et les dizaines d'industriels », indique Antoine Bernabé, directeur de Moulins du Sud.