Les élections de l’ordre des experts-comptables Occitanie viennent de livrer leur premier binôme (à compter du 8 décembre) à la tête d’une structure réunissant désormais les deux ordres de Midi-Pyrénées et de la région de Montpellier : Freddy Nicolas (président) et Pascal Castanet (président délégué). A Montpellier, ce dernier fait le point sur la situation dans les entreprises où les experts-comptables sont au plus près des dirigeants.La Tribune - Jusqu'à présent, il y avait 24 élus dans chacune des deux régions, vous allez passer à 36 élus dans la nouvelle configuration. Ne craignez-vous pas des dissensions ou un risque pour les experts-comptables de perdre en proximité ?
Pascal Castanet - Avec mon homologue toulousain Freddy Nicolas, nous travaillons depuis plus d'un an à cette réunion des deux ordres régionaux. A partir du 8 décembre 2020, le nouveau conseil Occitanie, qui comportera donc 13 départements, aura son siège social à Toulouse et une représentation territoriale à Montpellier. Nous allons effectivement passer à 36 élus, il va donc falloir revoir notre organisation et nous appuyer sur les chambres départementales locales pour insuffler encore plus de proximité qu'avant. Mais je suis certain que ce nouvel ordre sera transparent pour l'ensemble des experts-comptables. L'équipe élue va se mettre au service de la profession, comme cela a toujours été le cas. Une alternance (2 ans, ndlr) est d'ailleurs prévue entre Midi-Pyrénées et le Montpellier. L'idée est de penser région, grande région et proximité des confrères.
Quel est l'impact de la crise sanitaire sur les experts-comptables et leur rôle auprès des entreprises ?
Face aux deux vagues, la profession a été très réactive et s'est mise en ordre de bataille rapidement. Aucun confrère n'a dû fermer son cabinet. En revanche, il y a eu - et il y a encore - une surcharge de travail pour expliquer à nos clients toutes les aides, monter les dossiers d'activité partielle et de PGE, activer des demandes de fonds de solidarité mais aussi gérer les activités des entreprises, faire des plans de trésoreries, des prévisionnels... Bref, nous sommes là pour éviter au maximum les défaillances des entreprises.
Les experts comptables se sont peu exprimés sur les mesures gouvernementales mise en place. Diriez-vous quelles sont suffisantes, ou qu'il y a des manques ?
Soyons clairs, la France est l'un des pays au monde qui a le plus aidé l'économie à repartir. On peut bien sûr reprocher l'évolution permanente de nouvelles mesures qui complexifient leur compréhension, mais elles sont imputables à l'évolution même de la crise. Je comprends que les chefs d'entreprises soient parfois un peu perdus, je trouve d'ailleurs dommage qu'il n'y ait pas eu une harmonisation des mesures d'Etats, de celles des régions, des agglomérations ou des mairies. Car ce mille-feuilles complexifie la situation et génère un manque de repère global. Il y a une mesure que nous demandons à corps et à cri : elle concerne le PGE. Il faut absolument que l'Etat considère le PGE comme des quasi fonds propres et non comme de l'endettement qui signifie que pendant cinq ans les entreprises ne pourront plus emprunter. Sans cela, au moment de la relance, la situation va être compliquée.