Bastide Médical et Bpifrance, les dessous d’une querelle d’actionnaires
Guillaume Mollaret
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Vincent Bastide, directeur général du groupe Bastide Médical.
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Vincent Bastide, directeur général du groupe Bastide Médical.
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Les relations entre actionnaires sont parfois tumultueuses. Entre Bastide Médical, prestataire de santé à domicile dont le siège se trouve à Caissargues (30), et Bpifrance, actionnaire minoritaire de SIB, le holding familial de contrôle de Bastide Médical, le divorce ne fait plus de doute.
Lors de la présentation des résultats annuels aux investisseurs et à la presse, fin octobre, Vincent Bastide, directeur général de l'entreprise, avait eu des mots durs à l'égard de la banque publique, l'accusant de ne pas avoir de "vision stratégique à long terme" alors que le groupe de 3.000 salariés venait d'annoncer des ventes en hausse de 14% sur l'exercice achevé (382,7 millions d'euros de chiffre d'affaires, avec une croissance de 35% entre avril et juin 2020, en plein confinement).
Une sortie médiatique, rare pour ce dirigeant, à l'heure même où sa société annonce sa volonté de quitter le compartiment B de la bourse de Paris pour rejoindre Euronext Growth, une liste où les entreprises ont moins d'obligations à rendre au marché, et qui se révèle également moins coûteuse d'accès.
Or, c'est précisément cette volonté de changer de compartiment qui a précipité la rupture avec Bpifrance, liée depuis deux ans à Bastide Médical dans une union initialement programmée pour durer sept ans.
Pour le groupe de santé, "le fonctionnement de Growth est plus adapté à la taille et aux besoins actuels du groupe, tout en lui permettant de continuer à bénéficier de l'attrait des marchés financiers à un coût plus raisonnable". Tandis que pour bpifrance, ce choix, auquel elle s'est en vain opposée, "prive [le groupe gardois] d'une source de financement, car la société sera moins visible et sur un marché moins liquide".
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Fermez le ban ? Pas tout de suite, car ce qui aurait pu rester au simple stade de désaccord entre actionnaires vire à la séparation brutale et à une négociation féroce autour du prix de rachat des actions détenues par Bpifrance au sein de SIB. Plusieurs dizaines de millions d'euros sont en jeu.
Guillaume Mollaret
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