Il y a quelques années, il était inconcevable de récupérer des chutes de cuir de maisons de maroquinerie pour les valoriser. Et pourtant, depuis 2010, trois femmes font preuve de créativité et sauvent de la poubelle des milliers de tonnes de chutes de cuir chaque année pour les transformer en sacs, chaussons, petite maroquinerie, cartes postales, sacs à vin, etc. Ces précurseuses de l'upcycling (surcyclage) ont fondé leur marque, Bandit Manchot, à partir d'un constat simple : les maisons de maroquinerie ont beaucoup de peaux neuves, inutilisées qui sont destinées à être jetées. Pendant des années, Anne Duquesnoy et Marie-Christine Frison, stylistes dans diverses maisons de maroquinerie ont récupéré ces peaux, belles, de qualité, très chères, parfois spectaculaires avec l'intention d'en faire quelque chose plus tard.
"Il s'agit d'une rencontre entre Anne Duquesnoy et moi-même qui sommes stylistes établies à Paris et Marie-Laure Biscond, qui travaillait dans une maroquinerie familiale dans le Tarn. Nous avons travaillé ensemble de longues années et tissé des liens qui ont fait que le jour où l'on a voulu monter notre projet, nous nous sommes tournées vers Marie-Laure. La maroquinerie dans laquelle elle travaillait a fermé en 2008 à cause de problèmes concurrentiels avec l'Asie, mais elle n'avait pas envie d'arrêter de faire de la maroquinerie. Nous avons donc décidé de monter, toutes les trois, la marque Bandit Manchot", raconte Marie-Christine Frison, cofondatrice de Bandit Manchot.