Alpha MOS, la PME de Toulouse qui libère les diabétiques de la piqure au doigt
Emmanuel Langlois
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Le PDG d'Alpha Mos, Pierre Sbabo, compte révolutionner le quotidien des malades atteints de diabète.
Alpha Mos
Ils sont près de quatre millions de malades recensés en France comme diabétiques, sans compter tous ceux qui s’ignorent. Le chiffre est même en constante augmentation dans le monde entier. Une société toulousaine, Alpha MOS, finalise la mise au point d’un lecteur électronique de glycémie par l’haleine qui pourrait bien changer la vie des personnes atteintes de diabète.
Aujourd'hui, pour mesurer son taux de sucre, un diabétique doit se piquer régulièrement le bout du doigt pour recueillir et déposer sur une bandelette une goutte de sang, avec tous les désagréments que l'on imagine.
Spécialisée dans les nez électroniques, la société Alpha MOS travaille en étroite collaboration avec le CHU Rangueil de Toulouse à la mise au point d'un appareil électronique capable de remplacer ce processus et de mesurer la glycémie directement dans l'haleine des patients, à la manière d'un éthylotest. Le résultat apparaît ensuite sur une appli sur l'écran d'un smartphone.
« On travaille sur les composés organiques volatils, ce sont des molécules cent fois plus petites qu'un virus et que nous retrouvons partout : dans un bifteck, dans des frites, des fruits ou un soda,explique Bruno Thuillier, fondateur de la société BOYDSense en Californie, rachetée il y a quelques années par Alpha MOS pour en faire sa filiale « medtech. «Ces molécules sont également générées par les cellules humaines,Or, depuis les années 80, de nombreuses études ont montré leur corrélation avec certains biomarqueurs comme l'asthme ou le glucose dans le cas du diabète. »
Ce nouveau procédé s'adresse aux patients les moins lourdement atteints par un diabète de type deux, mais pas à ceux équipés par exemple d'une pompe à insuline avec contrôle permanent de la glycémie.
Photo d'illustration (Crédits : Alpha Mos)
Le nez électronique qui va permettre de détecter le taux de sucre d'un diabétique grâce à l'haleine seulement (Crédits : Alpha Mos).
L'idée germe donc en 2015 chez Alpha MOS de travailler sur cette nouvelle application. Huit ans plus tard, la société a développé trois plateformes et organisé deux essais cliniques, l'un en Angleterre en 2019 et un autre à Rangueil lancé il y a deux ans et conclu le mois dernier.
« Le CHU de Toulouse est l'un des premiers centres de France en matière de recherche sur le diabète,argumente M. Thuillier.Les appareils que l'on a fournis ont fonctionné sans aucune intervention extérieure et ont été utilisés par des infirmières sans formation particulière. On est donc dans des prototypes très proches du produit final, ce qui montre un certain niveau de maturité. »