Dans un contexte instable et imprévisible, les entreprises, et en particulier les TPE-PME, sont fragilisées. Les perspectives de sortie de crise post-Covid se sont fracassées sur la crise géopolitique qui a généré une hausse en flèche des prix (énergie, matières premières, etc.). Dans l’Hérault, la CPME a déclenché une sorte de réunion de crise le 15 novembre, rassemblant les fédérations professionnelles des différents secteurs pour tirer collectivement la sonnette d’alarme. Rares sont celles qui ne déroulent pas avec inquiétude une liste de points noirs. Tour de table des préoccupations,...... rités et urgences de chacune.
«Nous voulons tirer la sonnette d'alarme : un chef d'entreprise a besoin de visibilité et de cadre stable pour se projeter, or le contexte est aujourd'hui instable et imprévisible, lance Grégory Blanvillain, le président de la CPME Hérault le 15 novembre,alors qu'il a réuni devant la presse l'ensemble des fédérations professionnelles pour évoquer la conjoncture et les perspectives 2024. Nous sommes dans un période "extra-ordinaire". En cinq ans, nous avons connu une crise sociale, sanitaire, sociétale, géopolitique, migratoire, sécuritaire. Et deux éléments s'ajoutent à ça : la transition numérique et l'IA qui révolutionnent nos métiers, et la prise de conscience de la crise climatique. Ce qui remet en cause le business model des entreprises. Demain, toute entreprise qui ne sera pas durable ne sera pas rentable ! Car ce sera vital pour trouver des financements, recruter, répondre aux exigences des consommateurs et des clients, répondre aux nouvelles normes... Je fais donc une première proposition : créer un dispositif public d'audit des business model pour accompagner les transitions, proposition que j'ai déjà faite àl'agence de développement et des transitions de la Métropole. »
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CPME : « Ne laissez pas tomber les TPE-PME françaises ! »
CPME : « Ne laissez pas tomber les TPE-PME françaises ! »
Le dirigeant énumère les différents points auxquels font face les entreprises et qui dessinent un tableau bien sombre : pénurie de matières premières, de main d'œuvre, changement du rapport de force employeurs-salariés, crise énergétique, inflation, hausse des taux d'intérêt.
« Ne laissez pas tomber les TPE-PME françaises !,plaide-t-il.Car il y aura des problèmes de rentabilité dans de nombreux secteurs en 2024. Il faudrait faire cinq à six points supplémentaires pour absorber le remboursement du PGE alors que les carnets de commandes se réduisent, les niveaux de trésorerie s'amenuisent,les marges des entreprises se réduisent et les impayés augmentent. Il est donc nécessaire de repenser l'étalement du PGE sur une durée plus longue. Cela peut déjà se faire mais les entreprises passent alors en défaillance et envoient donc un message négatif aux clients et au marché ».
Le président de la CPME Hérault évoque le « risque domino » en 2024 sur un territoire dont l'économie repose beaucoup sur la promotion immobilière et le bâtiment mais aussi sur les commerces et services : des secteurs à la peine dont les difficultés auront des conséquences sur leurs sous-traitants.
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Bâtiment : « Il faut continuer à former »
Bâtiment : « Il faut continuer à former »
Gilbert Comos, nouveau président Fédération du Bâtiment Hérault : « Dans le département, le BTP c'est 26.000 emploi, 20.000 dans le seul bâtiment. La FFB travaille depuis plus de trois ans pour attirer les jeunes. Les salaires ont été augmentés de plus de 12% en deux ans... Mais aujourd'hui, la filière est peinée de voir que malgré les signaux envoyés, on va vers une destruction massive d'emploi : entre 150.000 et 180.000 en 2024 au niveau national et 3.000 sur l'Hérault. On repart vers une crise majeure, voire identique à celle des années 1990 où, après la guerre du Golfe, l'outil de production s'est mis à l'arrêt et quand l'activité est repartie au début des années 2000 on avait perdu des compétences et on a eu du mal à s'en relever. Aujourd'hui, les CFA sont pleins de jeunes qui reviennent, et il faut que les dirigeants continuent à former malgré le contexte pour pouvoir répondre à la demande quand ça redémarrera. C'est un investissement pour demain ! Ce qu'on préconise pour 2024 ? L'augmentation des prix ne sera pas possible. Il faut faire le dos rond : réduire notre capacité de production en n'ayant plus de main d'œuvre intérimaire et capter le peu d'activité possible. Mais des entreprises arrivent encore d'autres régions avec modèles économiques peu avouables qui nous font de la concurrence déloyale ! ».