LA TRIBUNE - Vous avez remis au gouvernement un rapport sur la 5G industrielle en France et les leviers pour une adoption massive en 2021. Aujourd'hui à quel stade qualifiez-vous l'implantation de la 5G industrielle dans les usines françaises ?
Philippe HERBERT - Jusqu'à présent, la question, c'était comment lever les freins pour une adoption massive de la 5G industrielle. Désormais nous avons les réponses. Nous avons identifié des dizaines de cas d'usage possibles, il est plus facile d'avoir des fréquences, des solutions adéquates et leurs coûts sont raisonnables. Aujourd'hui, la question est plutôt comment accélérer l'adoption de la 5G industrielle comme réseau fermé au sein des usines du pays ? Il y a beaucoup de plateformes d'expérimentation de la 5G industrielle dans le pays, elles arrivent aujourd'hui plus qu'à maturité. Nous devons faire en sorte de mettre en mouvement nos industries sur cette question.
À Toulouse, l'installation d'un réseau fermé de 5G industrielle au sein des usines d'Airbus est beaucoup pris en exemple, comme celui pour le CHU de Toulouse mené par l'intégrateur Alsatis. Savons-nous combien de projets de la sorte sont menés en France ? Avons-nous une vue exhaustive sur le nombre de réseaux privés de 5G industrielle en service ?
Dans les sociétés industrielles, il y a six entités en France qui ont un réseau privé de 5G en production. Il y a celui du groupe Acome installé par le Toulousain Alsatis, Airbus, SNCF Maintenance, Thales, ArcelorMittal et Alcatel Submarine Networks. Au-delà de ces six, nous savons qu'il y a quelques centaines d'entreprises en France qui ont testé ou qui testent en ce moment la 5G industrielle. En Allemagne, ils ont 35 à 40 réseaux de 5G industrielle en production, tandis qu'à l'échelle mondiale, on parle de 4.000. C'est peu, cela montre bien que nous en sommes qu'au début.