Les mots sont forts et choisis. À plusieurs reprises, il parle d'une situation de « crise » et de « cataclysme ». Il, c'est Damien Comolli, président du « Téfécé » à propos de la situation économique du football français depuis cet été. Sans diffuseur pour le football professionnel hexagonal et la période 2024-2029, la Ligue de football professionnel (LFP) en a trouvé un dans l'urgence (DAZN) bien loin du milliard d'euros espéré par saison par l'instance en y comptant les droits de diffusion internationaux. « Je crois au produit DAZN. Nous, les clubs de Ligue 1, avons une réunion le 11 septembre avec tous leurs directeurs du marketing », lâche le successeur d'Olivier Sadran malgré les critiques sur le prix de l'abonnement.
La plateforme de streaming spécialisée dans le sport et BeIN Sports (qui dispose d'un match par semaine) vont rapporter un total de 500 millions d'euros par saison aux clubs français. Somme à laquelle il faut soustraire une part non négligeable pour rémunérer le fonds CVC Capital Partners, investisseur qui dispose de 13% du capital de la filiale commerciale détenant les droits de la Ligue 1.
« À Toulouse, nos droits télévisuels sont passés de 18 millions d'euros à 8 millions par saison. Nous avons perdu 25% de nos revenus commerciaux en un été, c'est loin d'être neutre (...) Pour cette saison, nous avons compensé la baisse des droits télés avec la vente de Christian Mawissa (à Monaco contre 16 millions d'euros, ndlr), mais nous n'avons pas repris le club pour faire du trading sur les joueurs. Cette situation de crise nous pousse à aller chercher de nouvelles sources de revenus », confie Damien Comolli.
Malgré cette situation, le président du club depuis 2020 se veut rassurant et assure que le Toulouse Football Club est entré dans cette de trouble économique avec « une très bonne situation financière » et « zéro dette ». Dès le mois de mars, la direction financière du club avait travaillé sur un scénario noir avec une chute brutale des droits télévisuels face aux difficultés de la LFP de trouver un diffuseur. Damien Comolli avait alors fixé trois consignes : ne pas toucher à la compétitivité du groupe professionnel ni à son budget transferts, ne pas réduire la voilure sur le centre de formation, ni même réduire les investissements sur l'équipe féminine. Néanmoins, il a été dans l'obligation de mettre en pause le chantier du futur centre de performance du TFC face à la situation économique du secteur.