Les groupements d’employeurs mutualisent des salariés en temps partagé. Mais des signaux faibles dessinent un renoncement au profit de formes d'emplois précaires. Le secteur viticole et le BTP sont particulièrement concernés en Occitanie. Des craintes qui redoublent à la perspective des coupes budgétaires attendues demain dans le projet de loi de finances.27.000. C'est le nombre d'emplois que représentent les groupements d'employeurs (GE) en Occitanie. Un système qui permet à une TPE, une PME ou une association de mutualiser un salarié en temps partagé avec une ou plusieurs autres entités de manière pérenne pour des compétences inaccessibles en temps plein pour de petites structures (RH, community manager, responsable qualité, etc.).
Selon le 9e baromètre (mars 2024) du temps partagé, 27% des entreprises adhèrent à ce mode de travail pour la flexibilité, 26% pour l'expertise plus pointue des salariés en temps partagé. La majorité des salariés en temps partagé sont des professionnels aguerris (87% ont 40 ans et plus) et voient leur pratique du temps partagé se stabiliser (25% l'exercent depuis plus de ans ans). Parmi eux, 96% souhaitent rester dans ce mode de travail pour profiter de la diversité des missions (29%) et être autonomes (26%).
Même si le dispositif est encore insuffisamment connu des petites entreprises et associations, ce qui constitue un frein à son développement, une petite musique remonte du terrain, que relaie avec inquiétude le Centre de Ressources des Groupements d'Employeurs (CRGE) Occitanie, une association paritaire* qui œuvre au développement des groupements d'employeurs dans la région (environ 5.000 emplois partagés).
Intérim, travail dissimulé, auto-entrepreneurs...
« C'est un écho faible qu'on entend depuis le début de l'année,observe Benjamin Chevalier, président du CRGE Occitanie, vice-président de la CPME Hérault et gérant associé du cabinet conseil montpelliérain Améliore.Certains groupements d'employeurs de la région voient des adhérents (entreprises ou associations, NDLR) partir pour recourir à d'autres formes d'emplois "précarisantes" : des emplois non déclarés, de l'intérim ou encore, dans le secteur associatif, des chèques-emplois associatifs ou le statut d'auto-entrepreneur. »
Les motivations des entreprises ou associations pour se retirer : des raisons économiques, la volonté de faire baisser le coût du travail et de gagner en flexibilité quand l'activité baisse et avec elle, le besoin d'effectifs. Ce qui, selon Benjamin Chevalier, est « dommageable car les GE accompagnent les salariés tout au long de leur vie professionnelle, veillent au maintien de leurs compétences, et leur offrent une stabilité ».