Les apiculteurs du Languedoc-Roussillon en état de calamité agricole
Idelette Fritsch
Idelette Fritsch
C'est une première historique : la quatrième région française productrice de miel en volume (1 200 tonnes en 2012) enregistre une chute catastrophique de sa production, de 50 à 80 %, selon les miellés, en 2014 par rapport à 2013. Les stocks sont au plus bas, laissant craindre un « effondrement de la filière ». Une situation dramatique qui aboutissait, jeudi 26 novembre, à l'annulation du concours des miels Sud de France organisé par la Chambre régionale d'agriculture.
Principale cause de cette baisse significative des volumes : les conditions climatiques des derniers mois, « les gros orages ayant eu des conséquences dramatiques sur la floraison notamment du châtaignier, ce qui a lessivé les fleurs », selon Hervé Parain, apiculteur dans le Gard et représentant apicole de la Confédération Paysanne.
L'ampleur de la crise est tel que pour la première fois, l'ensemble des cinq départements engageait mi-octobre auprès des instances gouvernementales, une procédure de reconnaissance de l'état de calamité agricole. Attendu le 17 décembre, l'arrêté ministériel devrait permettre aux producteurs professionnels (possédant au moins 70 ruches) qui en feront la demande de toucher les premières indemnisations début 2015. « Une peccadille, de l'ordre de 4 à 6 € par ruche », s'insurge Éric Lelong, président de l'association de développement de l'apiculture professionnelle Languedoc-Roussillon (ADAPRO LR), qui à l'appel des syndicats veut demander une « revalorisation des aides de l'État, passant de 20 % à 35 % ».
Cette nouvelle crise apicole est une catastrophe de trop pour la filière, confrontée depuis plusieurs années à une hausse de mortalité des colonies d'abeilles :
Le mot est lâché, les apiculteurs ne se satisferont pas de simples déclarations d'intention. « Il n'y aura pas d'apiculture durable s'il n'y a pas d'assainissement de l'environnement », insiste Éric Lelong. La filière appelle au dialogue avec l'ensemble du monde agricole, et attend du gouvernement « des décisions politiques courageuses ». Pour « qu'on ne dise pas un jour : pourquoi les apiculteurs ont tout cassé ? »
Idelette Fritsch