Alimentation : la Région fait "une étude de marché géante"
Anthony Rey
Anthony Rey
Du 2 avril au 30 juin, le Conseil régional Occitanie organise une concertation citoyenne pour mieux sonder les attentes et les habitudes de la population en matière d'alimentation, fléchée "grande cause régionale" dans le budget 2018. Les habitants d'Occitanie pourront s'exprimer (via questionnaire papier ou disponible en ligne) sur l'image de la région, leurs habitudes de consommation et d'achats, leurs attentes, etc. sur le sujet.
Sur la base des résultats (la barre des 20 000 ou 30 000 questionnaires remplis est espérée), la Région déterminera les grands axes du plan alimentation qui sera voté d'ici la fin 2018, avec une action dans la restauration collective dès la rentrée prochaine. L'objectif est notamment de servir 40 % de produits locaux (dont la moitié en bio) d'ici 2021 dans les 193 restaurants scolaires des lycées régionaux : cette part s'élève à 16 % à ce jour.
Après un appel à candidatures lancé ces dernières semaines, un tiers des lycées régionaux (50 établissements) a déjà été choisi par la Région pour participer à cette politique de commande publique favorable à la production régionale. Elle se traduira par un surcoût de 15 ou 16 centimes par repas, pris en charge en totalité par la Région, et financé dans le cadre d'une enveloppe de 2,2 M€ débloquée pour ce plan la 1e année.
La Région assure que sa démarche est conforme au code des marchés publics, en vertu d'un "cahier des charges type" en faveur de la restauration collective, censé réserver un accès privilégié aux producteurs locaux. Ce texte, imaginé par Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture du gouvernement Valls, serait applicable depuis 2015 mais "peu diffusé jusqu'ici", selon la présidente de Région, Carole Delga.
Globalement, cette stratégie vise aussi à conforter la filière agri-agroalimentaire régionale : le vice-président de Région délégué à l'agroalimentaire, Jean-Louis Cazaubon, présente ce plan comme "une étude de marché géante", qui devrait notamment inciter les productions insuffisamment présentes sur ces marchés à l'être davantage, et ainsi limiter l'apport de productions exogènes. "80 à 85 % de la viande consommée en Occitanie vient de l'extérieur de la région", plaide-t-il.
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Cet outil prendra d'abord la forme d'une plate-forme dématérialisée, qui sera ensuite "déconcentrée" dans les départements dans des lieux physiques. Les MIN (marchés d'intérêt national) devraient en faire partie, "car ce sont déjà physiquement des points de regroupement", selon Jean-Louis Cazaubon.
En Occitanie, 25 millions de repas sont servis chaque année dans les lycées régionaux, soit 56 M€ d'achats. La région compte près de 2 000 entreprises agri-agroalimentaires, le 1er employeur régional : 165 000 emplois (14 % des emplois d'Occitanie).
Anthony Rey