Viticulture : nouveau bilan des ravages causés par la canicule
Muriel Chêne

Dans l'Hérault, on dénombre 7 800 ha impactés de 20% à 100% à cette heure
Christine Juillet
Muriel Chêne

Dans l'Hérault, on dénombre 7 800 ha impactés de 20% à 100% à cette heure
Christine Juillet
C'est du jamais vu : des feuilles brûlées comme passées au chalumeau, des raisins carbonisés... Les températures extrêmes auxquelles ont été soumis les vignobles gardois et héraultais ont été dévastatrices pour la future récolte.
Dans l'Hérault, cet épisode a touché de façon très inégale l'ensemble du département. C'est sur le grand est que les températures sous abri ont atteint des records à plus de 44°C. Dans le centre, la vallée de l'Hérault et le Faugérois, le thermomètre est monté jusqu'à 42°C. À l'ouest, il s'est établi entre 34 et 42 °C.
Le premier recensement réalisé par la chambre consulaire fait état de 7 800 ha impactés de 20% à 100% avec une projection estimée à 10 000 ha lorsque tous les sinistrés se seront fait connaître.
Dans le Gard, c'est le sud du département, où ont été relevés les records de température à 46°C, qui est le plus touché.
Il y aura un impact sur le volume de la récolte des deux départements, mais à ce jour, personne ne s'avance pour donner des chiffres tant le phénomène est inédit. Jamais de mémoire de viticulteur, on a connu de tels dégâts suite à un coup de chaud.
La précocité de ces chaleurs explique sans doute en partie l'intensité des dégâts. Après un printemps plutôt froid, le stade végétatif de la vigne était peu avancé, les raisins tout juste formés sont sans doute plus fragiles qu'au mois d'août quand ils approchent de la maturité.
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Cet épisode caniculaire survient alors que la viticulture régionale a déjà été fragilisée par plusieurs années de petites récoltes : sécheresse en 2016, gel et sécheresse en 2017, pression inédite du mildiou en 2018. La cave des Vignerons d'Héraclès a subi coup sur coup cette année le gel puis l'échaudage. "On avait déjà perdu 20% de notre récolte suite au gel début avril. La canicule vient encore de nous raboter environ 30%", se désole le président Jean-Fred Coste.
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"Il n'est plus possible de faire une récolte normale. Nos viticulteurs sont découragés et sont en train de baisser les bras", s'alarme de son côté Philippe Coste, président de la cave d'Hérépian dans l'Hérault. Au-delà des dégâts et de leurs conséquences économiques, cet épisode caniculaire, qui a frappé les esprits, pose la question de l'avenir de la viticulture dans la région.
Une inquiétude clairement exprimée par Catherine Bernard, vigneronne héraultaise, qui a rapidement fait le buzz avec son cri d'alarme, posté sur son blog.
Muriel Chêne
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