Ce qui se cache derrière la bataille autour de la mention Camargue sur les bouteilles de vin
Michèle Trévoux
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Les vignes du Mas La Valériole, au cœur du Parc Naturel Régional de la Camargue.
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Les vignes du Mas La Valériole, au cœur du Parc Naturel Régional de la Camargue.
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La Camargue est au cœur d'une bataille entre deux régions de production viticole. D'un côté, l'IGP Sables de Camargue, à cheval sur la région Occitanie et Provence-Côte d'Azur, qui s'étend sur 3.000 ha et sur 12 communes du littoral, des Saintes-Maries-de-la-Mer jusqu'à Sète. De l'autre, l'IGP Bouches-du-Rhône, avec la mention complémentaire « Terre de Camargue », concentrée sur 600 ha, au cœur du Parc régional de Camargue.
Jusqu'ici, ces deux IGP cohabitaient sans accroc, leurs représentants ayant signé un protocole d'accord en 2011, au moment où l'IGP Sables des Golf du Lion a changé de nom pour devenir IGP Sables de Camargue.
Mais les vignerons du delta du Rhône ont réalisé, ultérieurement à ce protocole d'accord, qu'en ayant fait le choix de la mention complémentaire, ils ne bénéficiaient d'aucune protection pour « Terre de Camargue », contrairement à l'IGP Sables de Camargue qui, elle, est protégée.
Ainsi, un opérateur qui voudrait leur chercher des noises, pourrait par exemple se retourner contre eux, arguant qu'ils profitent de la notoriété de l'IGP Sables de Camargue. Un comble pour les vignerons du Delta du Rhône, qui se sentent déposséder d'une dénomination qu'ils considèrent avant tout comme la leur.
Soutenu par le syndicat des vins IGP des Bouches-du-Rhône, les dix vignerons producteurs de « Terre de Camargue » s'élèvent donc contre ce non-sens juridique et refusent l'appropriation par les départements du Gard et de l'Hérault de l'utilisation du terme Camargue.
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L'IGP Sables de Camargue s'étant engagée dans une démarche de passage en AOC, ils comptent saisir cette opportunité et profiter de la Procédure Nationale d'Opposition (PNO), qui va démarrer début avril, pour exposer leur désaccord : « Nous ne nous opposons pas au passage AOP de cette IGP, mais nous leur refusons l'utilisation du terme Camargue, qui doit nous revenir », précise Patrick Michel.
Michèle Trévoux
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