Le durcissement de l’accès à la certification HVE (Haute Valeur Environnementale), annoncé par le gouvernement fin 2022 et entré en application au 1e janvier, soulève la colère de la filière viticole régionale, exception faite de la viticulture bio. Les mécontents déplorent le manque de concertation et craignent un coup d’arrêt des démarches de certification, dans laquelle le vignoble régional s’est massivement engagé, et un retour à des pratiques traditionnelles.«On se fout de nous. Nous avons fait des efforts pour améliorer nos pratiques. La certification HVE nous a coûté de l'argent sans qu'on obtienne aucune valorisation de nos vins en contrepartie. L'Etat qui devait communiquer sur ce nouveau label n'a pas tenu ses engagements. Et aujourd'hui le gouvernement nous annonce, sans aucune concertation, un durcissement de l'accès au label HVE. Les trois-quarts des exploitations viticoles ne répondront plus aux critères exigés par ce nouveau cahier des charges», tempête Anthony Bafoil, président de la coopérative de Lédignan et représentant du Gard au sein des Vignerons Coopérateurs d'Occitanie.
Annoncé le 22 novembre dernier pour une entrée en application au 1er janvier 2023, le nouveau cahier des charges du label HVE mécontente la viticulture régionale qui s'est engagée massivement dans cette certification.
La nouvelle mouture relève le niveau d'exigence, avec notamment l'interdiction des pesticides CMR (cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction) et un usage très restreint des herbicides et des engrais azotés. Qui plus est, la procédure se complexifie avec de nouveaux points de contrôle qui vont alourdir la tâche administrative des viticulteurs et des organismes certificateurs, renchérissant d'autant le coût de cette certification.
« Des décisions prises à l'arrache par des technocrates »
Président des Vignerons coopérateurs d'Occitanie, Ludovic Roux ne cache pas sa déception : « Nous avions fait des propositions pour faire évoluer ce référentiel. Elles n'ont pas été retenues alors que la certification HVE est portée à 75% par la viticulture. Elle nous coûte 3 euros par hectolitre, et avec le nouveau référentiel, il faudra rajouter au moins 2 euros par hectolitre. Ce n'est pas tenable alors que nos charges ont flambé et que les cours du vin sont à la baisse. Je crains un coup d'arrêt brutal des certifications et un retour à des pratiques traditionnelles pour beaucoup de vignerons qui s'étaient engagés ».
Ce durcissement est tout aussi difficile à avaler par les Vignerons Indépendants. Président de la fédération héraultaise du syndicat, François-Régis Boussagols déplore ces « décisions prises à l'arrache par des technocrates qui n'ont aucune connaissance du terrain ».