L’élevage des Pyrénées-Orientales, de l’Aude et de l’Ariège est touché par une épidémie de fièvre catarrhale ovine (FCO) depuis la fin du printemps. Les dégâts sont considérables dans une filière fragilisée après trois ans de sécheresse.La fièvre catarrhale ovine (FCO) a débarqué chez Sofia et Stéphane Ryckbosch sans prévenir. De leur élevage situé à Prats-de-Mollo, dans le Haut-Vallespir (Pyrénées-Orientales), les moucherons culicoïde ont disséminé la maladie plus efficacement qu'une traînée de poudre. Depuis début juin, les estimations de la Chambre d'agriculture donnent 1.000 brebis tuées dans le département catalan...
En Occitanie, trois départements sont concernés : les Pyrénées-Orientales, mais aussi l'Aude et l'Ariège. Sur ces trois territoires, quelque 4.000 animaux avaient péri à la mi-août, les pertes étant prévues pour grimper jusqu'à 6.000 début septembre. Aucun signe ne laissait penser une telle explosion de cas, surtout sur les brebis mais aussi sur les vaches, les chèvres et jusqu'aux lamas.
Passée la surprise, il a fallu réagir. Et vacciner, pour ceux qui le pouvaient, afin de limiter la casse... En théorie, on ne vaccine pas un troupeau où la maladie est présente, pour ne pas ajouter une charge virale de plus sur des animaux affaiblis. Mais chez Orphée Chrysostome à Corsavy, également en Haut-Vallespir, 100 brebis sont mortes en une semaine : comment ne rien faire ? Pour certains élevages la situation est aujourd'hui dramatique. Surtout chez les plus jeunes installés, aux reins bien moins solides que les élevages implantés de longue date.
Le couperet de la PAC
Sofia et Stéphane Ryckbosch ont ainsi perdu les trois-quarts de leur troupeau de brebis qui leur permettait de confectionner des fromages. Sans brebis, pas de fromage, donc pas de revenus... Jérôme vergès a perdu 56 brebis sur 140 à Saint-Laurent-de-Cerdans : « C'est 40 % de mon cheptel et un autre 40% ne fera pas d'agneaux », indique-t-il. Orphée Chrysostome, quant à elle, a perdu 180 brebis sur 400. Laurent Bérenguel, éleveur de vaches laitières, a mis fin à la traite et a perdu 80% de son volume de lait.