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ENTREPRISES - La Tribune ToulouseBusiness - La Tribune Toulouse

L'historique Marché d'intérêt national de Toulouse veut s'intégrer dans la "Smart City"

La Tribune Toulouse

Publié le 17 mars 2015 à 17:37 - Mis à jour le 23 mars 2015 à 09:51

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Le Min de Toulouse est le deuxième Marché d'intérêt national français en termes de tonnage. C'est le lieu où circule 95 % des produits alimentaires vendus sur les marchés plein vents de l'agglomération toulousaine. Un maillon essentiel au maintien des commerces de proximité. Aujourd'hui le Min de Toulouse souhaite se développer, notamment à travers les objets connectés et la Smart City.

Certains le surnomment "le ventre de Toulouse". Ici transite selon les années, entre 250 000 tonnes et 280 000 tonnes de denrées alimentaires approvisionnant toute la ville et sa région. Avec ses 350 millions d'euros de chiffre d'affaires, Le Min-TM (Marché d'intérêt national de Toulouse Métropole) est le deuxième Marché d'intérêt national du pays, derrière Rungis, en Île-de-France.

Il est aussi le seul, avec Rungis, à proposer sur son site l'ensemble des filières de l'agriculture, fruits et légumes, primeurs, produits de la marée, viandes mais aussi horticulture. À cela devrait s'ajouter prochainement une fromagerie. "Cette palette de produits est permise par la position géographique de Toulouse" estime Claude Sandeyront, directeur du Min-TM, qui évoque une vaste région agricole, entre deux mers, "dont l'industrie agroalimentaire représente 11,25 milliards d'euros en Midi-Pyrénées".

Nouveaux modes de consommation

Avant 1964, le marché gros de Toulouse était installé place Arnaud-Bernard sous une halle de fer. Il déménage ensuite dans le nord de Toulouse. Certains l'appelle encore "marché gare", se souvenant des produits qui débarquaient en trains depuis la France entière. Mais depuis plus de 50 ans, le marché au gros s'est largement transformé, évoluant selon les nouveaux modes de consommation. Les trains n'y font plus escale, seuls les camions déchargent chaque jour l'afflux de provisions qui vont ensuite alimenter à 95 % les marchés de plein-vent de Toulouse et Midi-Pyrénées.

Il y a 50 ans 1 200 producteurs venaient sur le fameux "carreau", un espace qui leur est dédié. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 350 mais le Min-TM reste l'un des marchés de gros où l'on retrouve le plus de producteurs. Cette dégradation, Claude Sendeyront l'explique :

"Les nouvelles générations ne sont plus intéressées par l'agriculture".

Restent les grossistes. Tels les dockers d'un port, ils réceptionnent les marchandises dès 2h30 du matin. À 5h, le marché ouvre ses portes, à 6 heures l'essentiel est vendu. Loin des clichés, les négociations ne résonnent plus dans les travées du marché entre grossistes et les 4 000 acheteurs quotidien. Les commandes se font désormais par email, téléphone, fax...

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"Dès que le camion arrive, les marchandises sont livrées en une vingtaine de minutes" déclare Didier Pigasse, grossiste en fruits et légumes et co-représentant des grossistes. En revanche "il faut que les clients viennent impérativement tous les 15 jours, voir la qualité des produit et les nouveautés selon les périodes de l'année" précise-t-il.

"On peut nous demander des bananes bleues, si ça existe, on les trouvera" plaisante Didier Pigasse, attestant la fonction essentielle d'un grossiste dans la filière de l'agroalimentaire.

Une mission de service public

Les Min assurent aussi une mission de service public. Toulouse Métropole est actionnaire à 85% du marché gros. Ces endroits sont réservés exclusivement aux producteurs, commerçants et professionnels de la restauration.

"Ils contribuent à l'organisation et à la productivité des circuits de distribution des produits agricoles et alimentaires, à l'animation de la concurrence dans ces secteurs économiques et à la sécurité alimentaire des populations", comme le définit le code du commerce.

"Le Min est une zone interdite aux particuliers" ajoute Claude Sandeyront. Les produits vendus en gros sont par définition bien moins chers que sur un marché traditionnel où ils seront vendus au détail.

"Si le Min est ouvert à tous, c'est la fin des commerces de proximité, essentiel pour le maillage du territoire. Et si un Min disparaît, un opérateur privé prendra la relève" précise le directeur du Min-TM.

Le Min à la recherche d'une nouvelle visibilité

"Les restaurateurs toulousains n'ont pas le réflexe de venir au Min-TM" explique Claude Sandeyront. Pour attirer cette clientèle, de nouvelles stratégies ont été mises en place. Premier exemple : en mars 2015, des abonnements pour accéder au Min ont été attribués aux lauréats et nominés de la 7e édition du Prix Lucien Vanel, rendez vous incontournable de la gastronomie toulousaine. Une initiative du président du Min-TM Jean-Jacques Bolzan, en charge du Commerce et de l'artisanat à la Mairie de Toulouse et à Toulouse Métropole. L'une des nominés, Emma Decamps,  explique : "Mon restaurant est situé au dessus du marché Victor Hugo, et j'ai déjà mes fournisseurs. Je n'ai pas le réflexe de venir au Min, mais je vais essayer de passer régulièrement, c'est beaucoup moins cher et on peut voir les produits".

Des Matinales de la restauration vont également être organisées chaque mois pour permettre aux professionnels du secteur de visiter le site. Enfin, la prochaine cérémonie du Prix Lucien Vanel sera organisée sur le Min-TM en juin prochain.

Le Min intégré dans la Smart City

Aujourd'hui, le marché reste reclus dans une zone industrielle du nord de la ville, très éloigné, dans l'imaginaire collectif, des citadins et métropolitains et notamment des restaurateurs.

Pour rapprocher le Min de la ville, plusieurs solutions sont évoquées par les autorités qui souhaitent intégrer le marché de gros dans la Smart City actuellement en réflexion.

"Il y a de multiples projet liés au commerce sur internet dont le défi est de permettre le contact entre grossistes, détaillants et désormais restaurateurs" explique Jean-Jacques Bolzan, président du Min-TM.

Également président de la fédération des Min de France, Jean-Jacques Bolzan souhaite s'inspirer des autres Min français pour résoudre le problème du "dernier kilomètre" qui sépare le Min et les commerçants. "Nous pensons assurer la distribution des marchandises grâce à plusieurs engins électriques comme cela se fait à Rungis. Chronopost est déjà intéressé pour développer ce projet" . Jean-Jacques Bolzan ajoute : "nous allons dorénavant supprimer les stationnements des camions de distributions autour du marché Victor Hugo".

Le ventre de Toulouse n'a pas fini de grossir.

La Tribune Toulouse

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