Comment l'aéroport de Toulouse veut conquérir les tour-opérateurs chinois

Florine Galéron

Florine Galéron
Les dirigeants de l'aéroport Toulouse-Blagnac ont annoncé ce mercredi 13 janvier un projet d'extension doté de 30 millions d'euros d'investissements pour atteindre une capacité d'accueil de 12 millions de passagers d'ici à 2018 (la plateforme a accueilli 7,6 millions de personnes en 2015). Depuis l'arrivée en mai dernier du nouvel actionnaire chinois Casil Europe dans le capital de l'aéroport, à hauteur de 49,9 %, la plateforme aéroportuaire ambitionne de développer son activité vers l'Asie. "L'aéroport Toulouse-Blagnac doit devenir la porte d'entrée de la Chine vers le Sud de l'Europe", a expliqué Catherine Gay, directrice stratégie et développement.
Le développement des vols vers la Chine devrait se faire en deux temps : l'aéroport espère lancer à l'été 2016 des vols charters loisirs puis des vols réguliers à partir de 2018 avec l'un des principaux aéroports chinois.
Mais le principal défi de l'aéroport rester de nouer des partenariats avec des tour-opérateurs chinois. "Les discussions sont en cours, nous avons déjà rencontré la plupart des tour-opérateurs", a précisé Jean-Michel Vernhes, président du directoire. Pour le moment, les négociations se concentrent autour du groupe Caissa Touristic, leader des agences de voyages en Chine et membre du consortium chinois HNA. Ce dernier consortium avait lancé à l'automne dernier une offre de reprise pour racheter le groupe toulousain Fram. L'agence Caissa assure déjà les vols directs vers Liège.
L'issue des discussions reste néanmoins incertaine. Jean-Michel Vernhes, par ailleurs président des aéroports de France, a pointé la concurrence à laquelle se livrent les aéroports pour décrocher des liaisons directes vers la Chine :
Autre obstacle :
Pour faire face à ces contraintes, la présidente du conseil de surveillance Anne-Marie Idrac a souligné la nécessité "de l'implication de l'ensemble des acteurs du territoire pour accompagner ce grand espoir de croissance économique" : "Nous devons être en mesure de proposer des circuits touristiques avec des offres à la fois culturelles et gastronomiques", a-t-elle ajouté.
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Au-delà de la Chine, l'aéroport Toulouse-Blagnac ambitionne toujours d'ouvrir d'ici à un ou deux ans des liaisons régulières vers Dubaï et New York. Mais ces deux objectifs, annoncés dès 2013, sont là aussi confrontés à des obstacles.
Comme l'expliquait Thomas Gérard, responsable de la promotion commerciale de l'aéroport en septembre dernier, aux États-Unis, "certaines compagnies françaises comme XL Airways n'ont pas d'avions disponibles pour fonctionner sur une nouvelle ligne. De son côté, American Airlines a fusionné avec US Airways et la compagnie a d'autres priorités actuellement." Du côté du Moyen-Orient, là aussi les discussions sont compliquées étant donné que le gouvernement français refuse d'attribuer des droits de trafic supplémentaires aux compagnies du Golfe.
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Ces nouvelles destinations doivent permettre à l'aéroport de faire face à la baisse du trafic liée aux attentats. L'Afrique du Nord a enregistré en 2015 un recul de 5,5 % notamment vers la Tunisie et le Maroc, et le nombre de passagers vers la Turquie est en baisse de 10 %.
Florine Galéron