Aéroport de Toulouse : un changement d'actionnaire et des questions

Florine Galéron

L'aéroport de Toulouse va changer d'actionnaire dans les prochains mois.
Rémi Benoit

Florine Galéron

L'aéroport de Toulouse va changer d'actionnaire dans les prochains mois.
Rémi Benoit
"La décision du Conseil d'État offre de la perspective pour l'aéroport de Toulouse. Casil Europe va pouvoir poursuivre les négociations pour revendre ses parts à Eiffage. L'Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) souhaite que cela se concrétise le plus vite possible", a réagi mardi 15 octobre Philippe Crébassa, le président du directoire d'ATB.
Le 9 octobre dernier, la plus haute des juridictions de l'ordre administratif a définitivement validé la procédure de cession des 49,99% des parts de l'État à la société d'actionnaires chinois Casil Europe datant de 2015. Mais alors que l'arrivée d'Eiffage se profile, plusieurs questions restent en suspens.
Casil Europe a racheté les parts de l'État pour 308 millions d'euros en 2015. En janvier, lorsque la société d'actionnaires chinois a fait savoir son souhait de quitter l'actionnariat de l'aéroport, elle espérait, d'après nos informations, des offres de rachat au-delà de 500 millions d'euros, soit une plus-value de près de 200 millions d'euros quatre ans après son arrivée. Mais rien ne dit qu'Eiffage sera prêt à valoriser aussi haut l'aéroport.
En attendant la finalisation des négociations entre Casil Europe et Eiffage, le président du directoire de l'aéroport Philippe Crébassa, a annoncé que "la prochaine assemblée générale des actionnaires est fixée au 5 novembre". La précédente, prévue début juin, avait été suspendue par le Tribunal de commerce de Toulouse, sur demande des actionnaires locaux, dans l'attente de la décision du Conseil d'État. L'ordre du jour de cette assemblée n'est pas encore défini mais plusieurs sujets urgents restent à trancher. L'aéroport n'a notamment pas pu boucler l'exercice comptable de l'année 2018.
Mais ça, c'était avant d'apprendre par la presse mi-janvier l'intention de Casil Europe de revendre ses parts.
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Pour autant, les actionnaires locaux (40% des parts de l'aéroport sont détenues par la CCI, Toulouse Métropole, le Conseil départemental et la Région Occitanie) n'ont pas encore décidé s'ils allaient demander dès le 5 novembre la suppression de cet accord sur le versement de l'intégralité du résultat sous forme de dividendes.
Il faut dire que pour les collectivités locales et la CCI, dont les finances sont contraintes, ces dividendes représentent un bol d'air important. L
e président de la CCI Occitanie, Alain Di Crescenzo, s'est ainsi félicité au moment de la signature de l'accord, soulignant que les dividendes représentent "une ressource financière non négligeable pour la CCI".
En revanche, les actionnaires locaux comptent profiter du départ de Casil Europe pour changer en partie la gouvernance de l'aéroport.
Logiquement, Eiffage ne devrait donc pas récupérer les deux sièges de Casil au sein du directoire.
d'actionnaires dans lequel l'État s'engageait à voter, "sauf pour motif légitime", "dans le même sens que l'acquéreur (Casil Europe) pour les décisions importantes".
Et de fait, l'État a toujours voté comme Casil Europe, notamment sur la question des dividendes. Avec l'arrivée d'Eiffage, quid de ce pacte d'actionnaires ?À lire également
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Florine Galéron